‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 301 sur 391 · MARIA, MAUBRAY · texte numérisé non relu

MARIA, MAUBRAY

MAUBRAY

Eh ! mais, encor notre adorable !

Que t'a dit ta maîtresse? Est-die...

MARIA, tout en allant ouvrir un cabinet pour y prendre des robes.

Inabordable.

Elle m'a bousculée épouvantabiement...

Pourquoi? pour un sot livre.

MAUBRAY

Un livre?

MARIA

Kh ! oui, vraiment.

Tenez, je voudrais, moi, qu'on déclarât pendable Quiconque serait vu tramant un livre.

Diable!

Si cependant moi-même avais fait quelque écrit...

MARIA

Vous, auteur! — Allons donc, vous avez trop d'esprit.

MAUBRAV.

Prends-y garde ! parfois, Maria, l'on s'oublie ; Puis, vois-tu? chaque siècle eut toujours sa folie : Le nôtre est aux romans. Boursier, dandy, coilTiur, Tout le monde, aujourd'hui, se double d'un auteur ; .C'est la mode. — A chacun son roman, son poëme, Petit in-octavo qu'on se lit à soi-même, Qu'on donne à ses amis, lègue à ses héritiers; Livre utile aux fruitiers, épiciers, bonnetiers. Plus à maint cabinet... fort profltable ouvrage. Par qui, d'un imprimeur achetant l'avantage De se traiter, chez soi, d'homme incompris, chacun... Mais, tiens, à ce propos, voici venir quelqu'un De non moins incompris...

MARIA, regardant et voyant entrer Platigny. Et peu compréhensible.

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