MARIA, MAUBRAY
MAUBRAY
Eh ! mais, encor notre adorable !
Que t'a dit ta maîtresse? Est-die...
MARIA, tout en allant ouvrir un cabinet pour y prendre des robes.
Inabordable.
Elle m'a bousculée épouvantabiement...
Pourquoi? pour un sot livre.
MAUBRAY
Un livre?
MARIA
Kh ! oui, vraiment.
Tenez, je voudrais, moi, qu'on déclarât pendable Quiconque serait vu tramant un livre.
Diable!
Si cependant moi-même avais fait quelque écrit...
MARIA
Vous, auteur! — Allons donc, vous avez trop d'esprit.
MAUBRAV.
Prends-y garde ! parfois, Maria, l'on s'oublie ; Puis, vois-tu? chaque siècle eut toujours sa folie : Le nôtre est aux romans. Boursier, dandy, coilTiur, Tout le monde, aujourd'hui, se double d'un auteur ; .C'est la mode. — A chacun son roman, son poëme, Petit in-octavo qu'on se lit à soi-même, Qu'on donne à ses amis, lègue à ses héritiers; Livre utile aux fruitiers, épiciers, bonnetiers. Plus à maint cabinet... fort profltable ouvrage. Par qui, d'un imprimeur achetant l'avantage De se traiter, chez soi, d'homme incompris, chacun... Mais, tiens, à ce propos, voici venir quelqu'un De non moins incompris...
MARIA, regardant et voyant entrer Platigny. Et peu compréhensible.