‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 31 sur 391 · MILADY, RICHARD · texte numérisé non relu

MILADY, RICHARD

MILADY

11 faut le confesser, mais votre poésie

A des douceurs, Monsieur, dont toute ame est saisie.

Et jamais je ne vis rien qui fût plus galant.

BICHARD, craignant que Marie ne soit derrière le paravent. Vous louez trop. Madame, un bien faible talent.

MILADY

Non, vraiment, je le dis ainsi que je le pense. Vous êtes un grand maître en joyeuse science. Vos vers que l'on m'a lus ont un je ne sais quoi Qui vous remue, et là réveille un tendre émoi ! Comme on arrive au cœur bien souvent par l'oreille. Vous devez en amour par là faire merveille.

nicnARD.

Ah! Madame...

MILADY

J'entend : « ah ! » c'est-à-dire, oui. Quels beaux yeux, fécondant de si chères pensées, Le» font ainsi fleurir en rimes cadencées?

niCUARD.

Aucuns, je vous le jure.

MILADY

Êtes-vous si discret?

Oh bien ! l'on ne veut pas ravir votre secret. On sait ce que l'amour réclame de mystère. Combien est précieux un cœur qui sait se taire.

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