ACTE I, SCÈNE IV
Tout \û temps qu'il fut là ; mais, maintenant, mon père, Je vous déclare net que je l'épouserai. Que c'est lui qu'il me faut, qu'autrement j'en mourrai, Et que je ne veux pas de voire Timocrate.
POLIMÈDE.
ouais! qu'est-ce que ceci?
DAPBNÉ.
Je ne suis point ingrate, Moi ! comme il vous l'a dit, nous lui devons beaucoup Et de ses bons parens, puisque vous tenez tout. Je leur veux, moi, prouver votre reconnaissance.
POLIMÈDE.
En prenant un mari contre ma convenance.
Nous lui devons beaucoup ! Vous avez sur ce point
Des façons de payer qui ne me plaisent point.
De la reconnaissance, on en a fort, sans doute.
Et mon cœur, pour plus tard , la leur réserve toute.
Je ne suis point ingrat. Tous les vœux que je fais.
Sont que les immortels leur rendent leurs bienfaits.
Mais, qu'ensuite en dos temps aussi durs que les nôtres,
On aille se mêler aux désastres des autres.
Le peut-on ? Quoi qu'on doive aux gens, il faut songer
Qu'il est tels intérêts qu'on ne peut négliger.
Ton lollidas n'est plus ce qu'il était. La guerre
Met ses parens et lui dans un sort fort précaire ;
Au lieu que le seigneur Timocrate...
UAPHNÉ.
Est très laid.
Très maussade et très fat !
Celte comédie avait pour but do représenter l'in-
/|60 DIOGÈNE A TRENTL ANS.
gratitude sous toutes ses faces. Diogène , qui en devait être le principal personnage , se voyait joué par Timocrate , jeune débauché , sans cœur , qu'il avait assisté de sa bourse , et par Lasthénie , coquette intéressée , qu'il était sur le point d'épouser. Si notre mémoire est fidèle , voici la vengeance qu'il tirait de leur duplicité : il amenait un mariage entre eux en les leurrant du don de sa fortune ; et, en définitive , il n'en faisait usage que pour déterminer l'union de lollidas et de Daphné. Quant à lui, il prenait le manteau de la philosophie et se faisait disciple d'Antisthènes. La pièce devait avoir cinq actes.
GASTON DE CHANTERAC,
COMÉDIE