ACTE m, SCENE I
Plus... tout le jour la faire en bel ordre rester
Pour qu'un lord qui viendra vous la puisse inspecter :
Chose très fausse encore, ainsi que, par avance,
Vous l'avez deviné dans votre intelligence.
Si bien que nos Anelais paradant à loisir,
Et nous, Français, prenant notre temps pour saisir
Les postes dégarnis, à nous la citadelle!
Et vive alors le roi, la France et la Rochelle ! —
Comprenez- vous?
PUEMIER nOTJRGEOlS.
Pardieu! Je crains fort seulement Qu'il n'aille se douter du tour.
LOYS
Lui! — Nullement.
PREMIER BOURGEOIS
Lorsqu'il lira la lettre.
LOYS
Ah ! oui, — s'il savait lire !
DEUXIÈME BOURGEOIS, riant.
II ne sait pas...
LOYS
Jamais. — Ce n'est pas même à dire...
Lire! écrire bientôt! — je suis votre valet. Sommes-nous à ce compte un vilain, s'il vous plaît? Un savant, un lettré! — Nous sommes gentilhomme. Donnez à notre bras des gens que l'on assomme. Qu'on pourfend, — c'est au mieux. — Maislire! — sachez bien Que hors vous assommer, un noble ne sait rien.
DEUXIÈME BOURGEOIS
Il a pardieu raison ! et la noblesse est telle.
PREMIER BOURGEOIS
£h bien! soit; mais s'il a tant soit peu de cervelle...
LOYS
S'il en a, je réponds moi qu'il ne s'en sert point;
Sa cervelle, il la loge entière dans son poing. —
Non, voyez- vous, — savoir passablement se battre,
Jurer, dormir, manger et boire comme quatre.
C'est tout: — un ferrailleur, rien de plus, — un soldat. —
Mais du sens, allons donc ! - ce n'est pas son étal.
A8 LE MÉlNESTREL.
PREMIER BOURGEOIS
Quelle langue ! — Je cède.
DEUXIÈME BOURGEOIS
Oui, oui. — Le slratagème Est fort bon, n'est-ce pas?
TROISIÈME BOURGEOIS
Moi, je pense de même.