‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 56 sur 391 · LOYS, RICHARD · texte numérisé non relu

LOYS, RICHARD

niCHARD.

Ah ! c'est toi ? — je te cherche.

LOYS

Moi, de même. Seigneur.— Eh bien ! beau pèlerin, Nos amours?..

RICHARD

Mos amours, mon maître, vont grand train.

LOYS

Ah ! voyons.

RICHARD

Je ne suis point fut, sur ma parole ! Mais Milady m'adore ; en honneur, elle est folle De moi, de ma personne , et moi-même, un moment. Je fus près de céder au même entraînement.

LOYS

Pour vous?

RICHARD

Eh ! non : pour elle. Ah ! Loys, quelle femme! Quel agaçant parler ! quel feu ! quels yeux ! quelle âme ! Et puis, qui vous est mise ! oh ! mais avec un goût! Ma foi, je n'avais plus la tète à moi du tout; Je parlais, je plaisais, j'étais charmant, aimable. Gai, vif, galant; j'avais de l'esprit comme un diable. Et tout de bon, ma foi, je lui faisais la cour! Aussi, la malheureuse! et de voir tant d'amour. De soupirs... on n'a pas un cœur de marbre, en somme. Je m'en sentais tout pris de pitié!

LOYS

Bon jeune homme !

RICHARD

Mais le voile, à la fin, Loys, s'est déchiré, Et je suis aussitôt dans moi-même rentré.

LOYS

Ah! ah!

RICHARD

D'autant que j'ai rendez-vous avec l'autre, Tu sais ?

LOYS

Et qui sera, Monseigneur, bientôt vôtre.

RICDARD.

Oui. Je croyais jamais ne m'en débarrasser, De cette pauvre tante.

LOYS

Il n'y faut plus penseï-.

RICHARD

Et je n'y pense pas non plus. — Tendre Marie, Je veux t'aimer toi seule avec idolâtrie.

LOYS

Bien dit.

RICHARD

Tant de candeur ! et puis, de si doux yeux ! -— Je vous veux, disait-elle, ami, suivre en tous lieux.

L'amour fut de tout temps. Seigneur, cosmopolite.

RICHARD

Aussi je veux l'aller retrouver au plus vite.

LOYS

Fort bien ; mais l'autre ?

RICHARD

L'autre Pelle m'attend là-bas.

LOYS

J'y vole.

RICHARD

Ah! oui, pour moi.

LOYS

Sans doute. Pourquoi pas?

N'est-ce point convenu ?

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