‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 67 sur 391 · ACTE IV , SCtNb V · texte numérisé non relu

ACTE IV , SCtNb V

MARIK

Hélas! je vous semble bien folle.

Mais c'est tant de bonlieur que j'ai peur qu'il s'envole,

BICIIAni).

Et pourquoi s'envoler?

MARIK

Je l'ignore, pourquoi; Mais tout jusqu'à ce jour fut si triste pour moi! J'avais deux ans à peine, et je perdis ma mère. Quatre fois tout au plus depuis j'ai vu mon père , Et ma tante toujours me parle durement. Ce n'est pas gai; —j'eus bien une amie un moment; Mes projets, mes chagrins, je courais tout lui dire; Mais elle se moquait et ne faisait qu'en rire. Etait-ce ètro une amie! — Aussi je n'ai trouvé Que toi qui m'aimât bien comme je l'ai rêvé, «Et qui réalisât cet ange que mes songes "M'ohiaient parfois la nuit en de rians mensonges. "Depuis lors c'était toi que tout bas je nommais, »Le cœur plein d'un tourment que ccjjendant j'aimais. > Et désoi'mais c'est toi, toi seul que je veux suivre, C'est de toi seulen\entque je commence à vivre» Et maintenant, Richard, tu m'abandoimerais. Que ce serait bien mal, vraiment, car j'en mourrais.

UICHARD.

Tendre et divine enfant! que je sois un iiifàm*! ,

Si je ne t'aime pas du plus profond de l'âme.

Et si jamais je manque au serment qu'àTautel

Je te ferai ce soir d'un amour éternel!

«Personne ne l'aima, dis-lu, ma douce blonde?

oEh bien ! soit, je veux, moi, t'aimer pour tout le monde!

»Je veux fondre pour toi, dans un seul sentiment,

"La tendresse du père et celle de l'amant;

»Te faire de mon cœur comme une mer profonde

')0ù soient tous les amours comme l'onde sur l'onde,

>>Et tout ensemble enlin dans des liens si doux,

"Etre ami, frère et père en mêaie temps qu'époux. «

Car tu seras à moi, n'est-ce pasP tu veux l'être ?

Tu consens à venir ce soir trouver le prêtre?. .

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