‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 14 sur 221 · LE BON ANGE · texte numérisé non relu

LE BON ANGE

Tes biens, tes voluptés, tes fêtes solennelles, à quoi te serviront -elles maintenant ?

LE MAUVAIS ANGE

A tourmenter ton ame, privée dans l'enfer de toutes les choses que le monde lui prodiguait en foule.

( Musique pendant que le trône descend. ) LE BON ANGE.

Ah ! c'en est fait de toi ! Tu as perdu le bonheur céleste, des

plaisirs sans mesure , une bénécliction sans fin ! Si tu avais aime Dieu, ni l'enfer , ni le diable n'eussent eu 6e j^ouvoir sur loi. Si tu avais persévéré dans la bonne voie, regarde, Faust, au milieu de quels rayons de gloire lu léserais assis sur ce trône avec ces saints brillans : regarde comme lu aurais Iriompbc de l'enfer. Voilà ce que tu as perdu. Et maintenant, pauvre ome , il faut que ton bon ange l'abandonne. Les gouffres béants de l'enfer sont là pour t'engloulir.

( Il sorl. ) ( L'enfer te découvre. ) , LE MAUVAIS ANGE.

Maintenant, Faust, fixe ton œil épouvanté sur ces vastes demeures, sur le lieu des touvmens éternels. Là sont les Furies , promenant sur des fourches ardentes les âmes damnées , et faisant bouillir leurs corps dans du plomb fondu : là sont les lambeaux d'une chair palpitante qui grille sur c\cs charbons, et ne doit jamais mourir. Sur ce siège toujours brûlant doivent se reposer les âmes destinées à de plus effroyables tortures. Celles qu'on nourrit avec des soupes de flamme, ont été jadis des gourmands, ne se plaisant que dans la bonne chère, et riant de voir le pauvre expirer de faim à leur porte. Mais tout cela n'est rien encore , tu verras dix mille torlures plus affreuses.

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