ACTE I, SCENP: IV. i6(j
LE DUC
£\{e regarde fixement le ciel , elle promène sa vue alitçur d'elle ; elle vit î elle vit !
LE ROI se retirant un peu.
Redoublez vos soins.
LE DUC
Elle vit ! elle vit î ses yeux se sont rouverts à la luniière. Oui ^ elle reconnaîtra bientôt son père, ses amis. O l mon enfant chéri , ne laisse pas errer ainsi autour de toi un regard étonné , incertain *, tourne-le d'abord sur moi, vers ton père 5 reconnais-moi; et puisque tu sors de cette nuit silencieuse, <jue d'abord ma voix frappe ton oreille.
EUGÉNIE qvà , pou à peu , est revenue à elle et s'est relevée.
Que nous est-il arrivé?
LE DUC
Regarde-moi. Me reconnais-tu ?
EUGÉNIE
Mon père !
Oui , ton père, que ces douces paroles arrachent au désespoir.
EUGÉNIE
Qui nous a transportés sous ces arbres ?
LE DUC, auquel le médocin a donné un liage blanc.
Reste tranquille ;, ma fille y prends ce fortifiant avec calme et conliancct
EUGENIE. ( Elle prend de son père le linge qu'il lui présentait , et en couvre son visage. Elle se relève ensuite avec vivacité , en étant le linge de sa figure, )
Je revis, oui, maintenant je me rappelle tout. J'étais là-haut, c'est par là que je voulus faire descendre mon cheval en droite ligne. ]N'est-il pas vrai , je suis tombée?.. ..me pardonnes-tu?. ..On m'a relevée
comme morte Mon bon père, pourras-tu aimer
l'imprudente qui te cause des douleurs si amères?