‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 161 sur 221 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

EUGÉNIE

Attends.

LA GOUVERNANTE

M'en tends- tu bien ?

EUGÉNIE

Attends. Oii pour rais- je cacher cette feuille? Elle exprime trop clairement Tespoir qui m'anime. Il n'y a pas un meuble qu'on puisse fermer, et rien n'est sùrici y pas même ce que je porte sur moi; tous les domestiques ne sont pas fidèles. On m'a déjà lu et dérobe plusieurs choses, pendant que je dormais. Où dois-je donc cacher le plus grand secret que je doive posséder jamais? {Elle s'approche du mur. ) Bien! c'est ici, c'est dans cette muraille que je cachai les secrets, innocens de mon premier âge. Toi que découvrit Tinquiète et curieuse activité, fruit de l'étourderie et du loisir de mon enfance , toi qui es inconnue à tout le monde , ouvre-toi. ( Elle pousse un ressort caché qui fait ouvrir une petite porte. ) Comme je te confiais autrefois des sucreries défendues, pour les goûter à la dérobée, de même aujourd'hui je confie à ta discrétion et ?pour peu de temps, tout le bonheur de ma vie. {Elle pose la feuille dans V armoire quelle ferme, ) Les jours se succèdent et amènent des pressentimens , tantôt de joie et tantôt de douleur, ( Elle ouvre la porte, )

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