‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 167 sur 221 · ACTE III, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE I

L'ABBÉ

Pendant ce temps, a-t-on pris soin de l'éloignei?

LE SECRÉTAIRE

On Tentraine le plus rapidement possible.

L'ABBÉ

A qui avez-vous confié une lâche aussi difficile ?

LE SECRÉTAIRE

A la femme prudente qui nous appartient.

L'ABBÉ

De quel côté Tavez-vous envoyée?

Au port le plus éloigné de ce royaume.

L'ABBÉ

Et delà^ sans doute, aux. pays les plus lointains?

LE SECRÉTAIRE

Le premier vent favorable remmène.

^ L'ABBÉ

Et ici elle doit passer pour morte?

LÉ SECRÉTAIRE

Ton récit doit le faire croire.

L'ABBÉ

Il faut que l'erreur prenne dés lés premiers moinens pour qu'elle se perpétue à jamais. Il faut que Tiniagiuation soit frappée du cadavre et du tombeau de

î2 1 2 LA FILLE NATURELLE.

cette jeune fîllej jedéeliireiai son imagecliériedcniillc manières , et je graverai ce malheur en traits de feu dans la mémoire de ceux qui m'écouteront. Déjà pour tous elle s'est évanouie ^ elle a disparu sous les cendres du néant. Gliacun s'empresse de reporter èes regards vers la vie^ et dans l'ivresse des désirs mondains , oublie qu'elle aussi elle a été au nombre des vivans.

LE SECRÉTAIRE

Tu te mets à l'œuvre avec beaucoup de hardiesse ; mais ne crains-tu pas des remords pour l'avenir?

Quelle question me fais-tu là? Nous sommes résolus.

LE SECRÉTAIRE

Un malaise intérieur nous trouble malgré nous , à l'heure de Texécution.

L'ABÊÉ,

Qu'entends- je ! toi délicat? ou serait-ce seulement pour essayer si vous avez réussi à faire de moi un de vos élèves?

LE SECRÉTAIRE

On ne réfléchit jamais trop aux choses importantes.

t'ABBÉ.

Il faut y réfléchir avant de les entreprendre.

LE SECRÉTAIRE

On en trouve l'occasion , même pendant l'exécution.

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