ACTE III, SCENE II. 2îi
LE DUC
Explique- toi.
je vais encore agraver les douleurs par le récit de sa noble entreprise. Son premier et vieil instituteur , qu'elle aimait tant , habite loin de cette ville, il est misanthrope , malade , et plongé dans la tristesse. Elle seule pouvait Tégayer j ce devoir était devenu une passion pour elle ; elle venait trop souvent le visiter , et on le lui avait défendu. Mais elle s'arrangeait en conséquence , et employait les heures consacrées à l'exercice du cheval , à courir avec la plus grande rapidité voir ce vieillard tant aimé. Un seul palfrenier était dans sa confidence ; chaque fois il lui préparait son cheval , à ce que l'on présume du moins^ car il a aussi disparu. Cet homme et la gouvernante errent on ne sait où, par crainte de toi.
LE DUC
Qu'ils sont heureux d'avoir encore quelque chose à craindre! Le chagrin d'avoir fait évanouir la félicité de leur maître , fait chez eux une légère blessure qui se change en frayeur , bientôt dissipée. Je n'ai plus rien à craindre, moi, plus rien à espérer! Faismoi tout savoir, décris-moi les plus petites circonstances , je suis préparé à tout.