JULIE, LÉANDRE, DAMON, NÉRINE
LÉANDRE
Voila ce cher ami qu'enfin je vous présente : Quoiqu'il ait peu tardé , j'ai souffert de l'attente. Tout près, par son retour, de me voir votre époux....
JULIE
Léandre , ce retour me charme comme vous ;
i4 LE CURIEUX IMPERTINENT.
Vous avez sur mon cœur un droit s[ légitime ; Et toujours pour Damon j'ai senti tant d'estime, Que de vos sentiments je me fais une loi , Et qu'avec grand plaisir ici je le revoi.
Combien dois-je chérir l'amitié de Léandre , Qui m'attire un accueil que je n'osois attendre! Heureux que mon retour serre enfin les doux nœuds D'un hymen ardemment souhaité de tous deux !
LÉANDRE, à Damon.
Juge par sa beauté de mon impatience.
narine.
Et pourquoi donc d'un autre attendre la présence ?
JULIE
Tais-toi, Nérine.
NÉRINE
Oh! non, vous souffrirez qu'ici Après vous, à mon tour, je le harangue aussi.
(à Damon.)
Soyez le bien-venu du fond de la Champagne; Vous avez un peu tard quitté votre campagne, Et, pour bonnes raisons, j'aurois fort souhaité Que de vous rendre ici vous vous fussiez hâté; Et Madame , de qui la pudeur est extrême , Le souhaitoit autant, et peut-être plus même.
JULIE
Depuis un certain temps elle perd la raison.
NÉRINE
Chacun sait ce qu'il sait, je parle sans façon, Et je me pique en tout d'être fille sincère.