‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 120 sur 357 · ACTE II, SCENE VIL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIL

PASQUIN

Cœur de tigre !

DAMIS

C'est trop endurer d'un valet pasquijt.

Je pense qu'il me vient de donner un soufflet

DAMIS

Insolent! apprenez....

PASQUIN

Voilà la récompense De vous avoir toujours servi dès votre enfance ; Mais, grâce à mon bonheur, jamais votre bonté N'a donné d'autre prix à ma fidélité.

Ce traitement me fait souvenir d'un voyage Où je mangeai pour vous mon petit héritage : Vous tombâtes malade, et, sans vous faire tort, Par mes soins, mes secours, j'empêchai votre mort

DAMIS

J'aurois avec plaisir abandonné la vie.

PASQUIN

Vous n'en témoigniez pas cependant grande envie. Pasquin, me disiez-vous en me tendant les bras, Prends courage, mon fils, ne m'abandonne pas; Et puisque tu veux bien partager ma misère, Compte que si le sort me devient moins contraire, Tu t'en ressentiras ainsi que moi. Mais, bon! Huit ou dix jours après, vous prîtes un bâton, Et me fîtes sentir, en me donnant l'aubade, Que, grâces à mes soins , vous n'étiez plus malade.

DAMIS

Oh! tais-toi, malheureux, ou je t'assomme.

PASQUIN

Eh bien !

Puisque vous le voulez, je ne vous dis plus rien ; Mais restez à Paris , retournez à la guerre , Faites, si vous voulez, tout le tour de la terre, Mariez- vous, ou bien ne vous mariez pas, Le fidèle Pasquin ne suivra plus vos pas. Me traiter de la sorte !

DAMIS

Oui, selon ton mérite.

PASQUIÏC.

Mais ne craignez-vous pas?...

DAMIS

Quoi?

PASQUIK.

Que si j e vous quitte , Je n'aille révéler vos manœuvres?

DAMIS

Le fat!

Que diras-tu de moi ? Que je suis un ingrat? On ne te croira point; et par mon savoir-faire, D'avance je suis sûr qu'on croira le contraire. Tu viens d'en voir l'effet, et sans peine, crois-moi, Je saurai démentir un faquin comme toi.

PASQUIN

Vous tromperiez le diable, et je vous rends justice; Mais si vous êtes fin , je ne suis pas novice , Prenez-y garde , au moins.

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