ACTE III, SCEÏÏE IL
LISETTE
Damis! Oh, oh! Voqs connoissez Damis?
NERIKE.
Assez.
LISETTE
I) est céans? Est-il de vos amis?
Peut-etfre. Mais, de grâce , achevez de m' instruire. Damis....
(Elle soupire.)
LISETTE
Vous soupirez?
WÉltltfE.
Il est vrai, je soupire.
N'a-t-il pas un valet qui se nomme Pasquin?
LISETTE
Oui.
NARINE
Mon message est fait. Adieu , jusqu'à demain.
LISETTE, la retenant.
Souffrez, à votre tour, que je vous interroge. Vous avez de l'esprit.
NARINE
Vraiment , c'est un éloge Que je n'attendois pas.
LISETTE
Êtes- vous de Paris ?
IT^RINE.
Non , j'y suis depuis peu.
LISETTE
Quel est votre pays ?
Je voudrois le savoir.
HÉRIHE.
Hélas! que vous importe?
LISETTE
J'ai pour le demander une raison très-forte.
NÉRINE
J'en ai peut-être aussi pour ne le dire point
LISETTE
Non, croyez-moi , ma chère, éclaircissons ce point: A quelque heureux succès cela peut nous conduire.
NARINE
Mais, je suis de Ne vers, puisqu'il faut vous le dire.
LISETTE
Vous êtes de Nevers? L'ai-je bien entendu?
TCÉRItfE.
Fort bien. De point en point je vous ai répondu. Souffrez....
LISETTE
Encore un mot. Connoissez-vous Orphise ?
... T TCÉRINE*
C'est ma maîtresse.
LISETTE
Ah , ciel !
JIKRINK.
D'où vient cette surprise ?
LISETTE
Vous êtes donc Nérine?
WÉRINE.
Oui.
ACTKIII, SCENE II. 179
LISETTE
Quel ravissement!
Embrassez-moi , ma obère , et très*étrottemenL Orphise est-eHe ici ?
JT^RINE.
• ■ Sans doute , avec son père.
LISETTE
Une seconde fois embrasser-moi , ma chère. Soyez la bienvenue. O jour cent fois heureux ! Me voilà maintenant au comble de mes vœux.
HJËRINE.
Cet accueil obligeant me rassure et me charme. Mais par quelle raison ?....
tlSETTE.
Nous sommes en alarme :
Le patron de céans veut donner pour époux Damis à ma maîtresse.
jtàmntB.
Ah ! que m'apprenez-vous ?
LISETTE
Or nous n'en voulons point , nous en aimons un autre , Et nous voulons l'avoir : pour réclamer le vôtre , Vous venez à propos. Reprenez votre bien > Car très-assurément nous n'y prétendons rien.
NÉRINE
Et Damis consent-il à ce beau mariage?
LISETTE
C'est ce qui nous désole.
tfiRIKE.
Ah, perfide! Ah, volage!
i8o L'INGRAT.
Je ne m'étonne plus si depuis quatre mois L'ingrat n'a pas daigné nous écrire une fois. Je tremble , et je ne sais s'il faut que je hasarde De m'éclaircir aussi.... Mais, plus je vous regarde f Plus je crains que Pasquin n'ait imité Damis. Le malheureux ! après ce qu'il m'avoit promis ! Ma chère , dites-moi franchement s'il vous aime.
LISETTE
Voulez-vous le savoir au plus tôt par lui-même P
Comment?
LISETTE
Dans un instant il viendra me chercher; Et, de ce cabinet où je vais vous cacher.... Mais il vient , entrez vite , et soyez attentive»