ACTE III, SCENE V
NERINE.
Le procès est gagné , la tante est dans la bière. Orphise, ma maîtresse, est sa seule héritière.
PÀSQUIN.
La peste, quelle aubaine !
NÉRINE
Et tous ces grands biens-là Sont venus en huit jours. Que dis-tu de cela ?
PASQUIN
Qu'il semble que le ciel en tout vous favorise, Pour punir un ingrat, et pour venger Orphise; Car je ne pense pas qu'après ce qu'il a fait, Le dessein qu'elle avoit puisse avoir son effeW
NÉRINE
Si ma maîtresse encor le retrouvoit fidèle , Avec quelques soupire il obtiendroit tout d'elle. Il possédoit son cœur; mais dès qu'elle saura Toute sa perfidie , elle se guérira.
PASQUI&.
Si tu pouvois céans amener ta maîtresse ,
Rien ne la pourroit mieux guérir de sa faiblesse.
Cela m'est très-facile, elle est fort près d'ici : Hais il faut qu'avec moi tu lui parles aussi.
PASQUIff.
Soit : mais séparons-nous. Damis peut nous surprendre. A vingt pas du logis tu n'auras qu'à m'attendre, le m'en vais t'y rejoindre. On vient.
UTERINE.
> • Et moi, je sors.
19a L'INGRAT.