ACTE V, SCENE VIL
CLÉON , a'opposant à sa «ortie.
Un moment.
ORPHISE lit.
a A Mademoiselle OrphUe Dorante , à Nevers. « On me propose un mariage « Qui va finir tous mes malheurs , a Et c'est ce soir que je m'engage ; « Vous pouvez vous pourvoir ailleurs. »
LISETTE, à OrphUe.
Voilà votre congé dans la meilleure forme.
ORPHISE
O ciel ! fut-il jamais procédé plus énorme?
GÉR09TE, à Damis.
Et je te donnerais ma fille après cela?
DAMIS
Pourquoi non?
GÉROtfTE.
L'impudent ! Lis cette épître-là , Si tu l'oses.
PASQUI1T, à Damis.
Ma foi, le voilà confondu.
DAMIS , entonnant.
A ces manœuvres-là je m'étois attendu ; Mais je vous prouverai....
GÉRORTE, vivement.
Quoi! ce n'est pas Orphisç Que tu vois?
DAMIS, en riant.
Oh ! je vois.... que, quoi que je vous dise, Vous ne me croirez plus.
gj£koicte.
Non, traître! non, ingrat!
On m'a fait lire enfin dans ton cœur scélérat; Tu n'abuseras plus de mon esprit crédule.
DAMIS, riant toujours.
J'aime mieux être faux que d'être ridicule. Votre crédulité m'a long-temps diverti : Mais la pièce est finie, et je prends mon parti.
(à Cléon.)
Pour n'être plus ingrat, je vous cède Isabelle, Et demeurons amis. Orphise voudroit-elle, Après la cession, renouer avec moi?
(a Orphise.)
Pour le coup , je reviens de la meilleure foi ;
(en lui présentant la main. )
Et vous m'aimez toujours. Acceptez , je vous prie.
ORPHISE
Peut-on à cet excès pousser l'effronterie ? Monstre ! je te méprise autant que je te hais. Garde-toi, malheureux! de me parler jamais.
DAMIS
Il faut vous excuser, vous êtes en colère.
GÉRONTE, àDamis.
Tu ne méritois pas le bonheur de lui plaire.
(à Dorante.)
Pour cet aimable enfant jevous offre un neveu , Jeune, riche, bien fait, que vous verrez dans peu.