ACTE III, SCENE I
DORANTE
Maraud !
PYRANTE.
(à Dorante.)
Tais-toi , Frontin. Vous ne devez pas craindre Qu'à prendre aucun parti je veuille vou? contraindre. Je ne vous ai parlé que comme votre ami , Et je ne serai point complaisant à demi. Pesez, examinez, j'ai résolu d'attendre, Et j'approuverai tout : mais il m'a fait entendre Qu'au mariage , enfin , vous étiez résolu. Y pensez-vous toujours?
FRONTIN
Oui , Monsieur a conclu , Une fois pour toujours, qu'il faut qu'il se marie.
PYRANTE.
Avec qui?
F<ONTTN.
Mais tantôt c'étoit avec Julie, Et jusques à présent il ne s'est point dédit.
DORANTE
Oui, tahtôt ce dessein m'a passé par l'esprit; Mais, depuis un moment, j'ai changé de pensée.
ERONTIT*.
Oh ! je m'en doutois bieji. Sa téte est renversée.
, PffRATOTE.
Âuroit-elle pour vous marqué quelque froideur ? Oubien vous sentez-vous du jxenchaat pour s^scew?
DORANTE
Point du tout.
3o8 L'IRRESOLU.
Pourquoi donc, dites-le-moi vous-même, N'épouser pas Julie ? Item ?
DORANTE
Parce que je l'aime.
PYRANTE.
Parce que vous l'aimez , vous ne l'épousez pas ? C'est par là qu'il faudroit....
DORANTE
Non , elle a trop d'appas; Et mon cœur, pour Julie, auroit tant de foiblesse, Que de mes sentiments elle seroit maîtresse. D'abord, j'avois pensé que , pour se rendre heureux, Il falloit de sa femme être fort amoureux: Mais j'étois dans l'erreur; et je tiens pour maxime, Qu'on ne doit pour sa femme avoir que de l'estime.
pyuahte.
Quel étrange système !
dorante.
Il est bien raisonné.
FRONTIN
Et moi je dis....
DORANTE
Quoi ?
ÎRONTIN.
- Rien. Je me tiens condamné.
Vous vous formez , mon fils , de bizarres scrupules , Que l'on pourra traiter de craintes ridicules; Et je crois....