ACTE II, SCENE I. 3i
LOLIVE.
Je n'ose vous cacher Qu'à mon ami Crispin je n'ai pu m'empêcher....
LÉANDRE
D'apprendre mon projet?
LOLIVE.
Monsieur!
LÉANDEE.
Ah ! double traître !
Tu trahis donc ainsi le secret de ton maître !
LOLIVE.
Monsieur, ne criez pas; on peut être écouté.
L^ÀNDRE.
Mais qui t'a fait parler?
LOLIVE.
La curiosité.
Votre exemple. Monsieur, m'a tourné la cervelle, Et je veux éprouver si Nérine est fidèle.
Uà ANDRE, voulant le frtpper.
Coquin! c'est bien à toi de penser....
LOLIVE.
Hé! tout doux!
le suis sur ce chapitre encor plus fou que vous.
LÉANDRE
Le sot!
LOLIVE.
Je vous imite, et, malgré nia sagesse, Vous m'avez inspiré toute votre foiblesse , En me parlant si mal du sexe féminin , Que je crois <jue le diable est beaucoup moins malin»
3a LE CURIEUX IMPERTINENT.
Vous m'avez sur cela conté plus d'une histoire, Que je ne saurois plus chasser de ma mémoire , Et dont mon pauvre esprit est tellement frappé, Que j'en suis, malgré moi , jour et nuit occupé. Si Nérine est chagrine, inquiète et rêveuse, Je crois que ma présence est pour elle ennuyeuse.
Cela peut être vrai , je te trouve ennuyeux.
LOLIVE.
A peu près comme vous , Monsieur , quand je le veux. L'autre jour..*.
LÉANDRE
Oh! finis.
LOLIVE.
Écoutez, je vous prie :
La fourche du cocher, près de votre écurie, Me tomba sur la tête, et me blessa le front, Présage trop certain d'un ridicule affront. Sur le point d'épouser la trop vive Nérine , Ce présage , Monsieur , sans cesse me lutine ; Car je suis tellement délicat sur l'honneur , Que le moindre soupçon me donne de l'humeur. Je veux donc pénétrer, par une épreuve sûre , Si je suis menacé de sinistre aventure. Être trop confiant, c'est le rôle d'un fat.
LÉANDRE
U te sied bien, maraud, d'être si délicat!
LOLIVE.
Je puis l'être, je crois, tout aussi-bien qu'un autre : Mon front est chatouilleux presque autant que le vôtre*.