ACTE III, SCENE IV
Mmt ARGANTE,
Qu'une austère pudeur relève les appas ! Tout vous parle pour mot; je suis riche, encor belle , Comme vous le voyez ; vive autant que fidèle : Vous prévenant sur tout, je bornerai mes vœux A vous rendre , à vous voir l'époux le plus heureux; Et je ferois si bien, que j'éteindrois la flamme Dont l'ardeur vous tourmente, en dépit....
Ah ! Madame, Que ne ptris-je goûter un bonheur si parfait !
M"e ARGANTE.
Il ne tiendroit qu'à vous.
DORANTE
Inutile souhait !
Mm* ARGANTE.
Non , non , j'espère encore.
DORANTE
Et moi je désespère.
M™* ARGANTE
Écoutez la raison.
DORANTE
Que je suis en colère Contre mon cœur !
Mmt ARGANTE.
Allons, un généreux effort, Et vous le dompterez.
DORANTE
Je m'en flattoU à tort
3a8 L'IRRÉSOLU.
Plus je combats l'amour, plus je sens qu'il redouble.
Mes soupirs , malgré moi , tous décèlent mon trouble.
Mm* ARGANTE. *4
Soupirez, mon enfant, et puis regardez-moi ; C'est le plus sûr moyen de vous guérir.
LE CHEVALIER
Ma foi, Soit dit sans vous ficher, je crois tout le contraire. Vous avez, il est vrai, le secret de me plaire; Mais son goût et le mien ne se ressemblent pas.
M"* ARGAtfTE.
Quoi donc ! c'est pour vous seul que j'aurois des appas?
LE CHEVALIER
Oui, mon cœur, pour moi seul ; et si vous êtes sage, Vous devez pour moi seul songer au mariage.
Mme ARGANTE, à Dorante.
Qu'en dites-vous , Dorante ?
DORANTE
U vous conseille bien,
Mw* ARGANTE.
Vous le croyez?
DORANTE
Sans doute.
M-e ARGANTE.
Et moi, je n'en crois rien.
Consultez-vous, mon cher.
DORANTE
Ah! plus je me consulte, Moins vous me saurez gré de ce qu'il en résulte.