JULIE, CÉLIMÈNE, DORANTE, FRONTIN
JULIE, à Gélimèoe.
Vous lui faites jurer de ne m'aimer jamais, Ma sœur! Craignez-vous tant l'effet de mes attraits? Monsieur, à vos genoux, vous livre la victoire; S'il ne fait des serments, vous n'osez pas le croire. Ah ! vous ne rendez point justice à vos appas. Qu'est-ce donc ! Vous voilà tous deux dans l'embarras ! Vous ne répondez rien ! Craignez-vous ma présenee? Du moins honorez-moi de votre confidence.
Quoi! pas un mot, Frontin ? Ils se taisent tous trois.
FKONTIN.
Les transports de l'amour nous étouffent la voix.
( Julie se met à i^re. ) CKLIMÈRE, à Julie.
Ce que vous avez vu vous en doit assez dire, Pour n'avoir pas besoin de vous en faire instruire; Mais , par votre discours , je connois aisément Que l'aveu qu'on m'a fait vous blesse vivement : Et par son embarras je remarque de même Que votre aspect le jette en un désordre extrême. Je m'inquiète peu d'oii cela peut venir, Et vous pouvez tous deux vou^en entretenir.
( Elle sort. )