‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 25 sur 357 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

LOLIVE.

Risquer pour sa fortune , est chose nécessaire , Mais risquer son honneur , c'est bien une autre affaire.

CRISPIN

Parbleu ! c'est bien à toi de songer à l'honneur !

LOLIVE.

Et si ma femme un jour....

Voyez le grand malheur!

LOLIVE.

Oui, c'en est un sans doute; et....

CJUSPIN.

Sois aussi tranquille Que tant de bons maris qui sont en cette ville.

LOLIVE.

Bel exemple , ma foi !

CRISPIX.

Tu seras trop heureux De pouvoir en cela figurer avec eux.

Sois tranquille, te dis-je.

LOLIVE,

Oh ! non , je ne puis l'être , Et je prétends enf\n faire comme mon maître, Examiner Nérine, et voir si sa vertu....

CRISPIN

Examiner Nérine ! Et comment feras-tu ?

LOLIVE.

Tu feindras de l'aimer, et tu me viendras dire Ce que sur son esprit tes soins pourront produire. Mon maître en finit de même , et le tien , dès ce jour,

Doit feindre pour Julie un violent amour; Je te l'ai déjà dit

CMSPïir.

Ah ! quelle extravagance !

Qui diable a jamais vu pareille impertinence ?

LOLIVE.

Enfin, pour contenter mes désirs curieux, C'est sur toi, mon enfant, que j'ai jeté les yeux.

crispin.

Pauvre sot ! Je te plains. Regarde bien ma mine ; Peux-tu croire qu'en vain j'attaquerai Nérine? Un regard , elle en tient : tu risques trop , ma foi. Crois-moi , prends un rival aussi mal fait que toi.

LOLIVE.

Cesse de badiner, la chose est résolue.

CRISPIW.

Mais je lui donnerai tout d'un coup dans la vue.

LOLIVE.

Peut-être.

crispin.

Tu le veux, il faut te contenter, Et, pour y réussir, je m'en vais m'apprêter.

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