ACTE V, SCENE VIL
Que d'épouser un homme avec cet attirail.
FRONTIN, à Dorante.
C'est tout dire en trois mots pour sauver le détail.
DORANTE, à Jtilie.
Pour moi , je ne vois pas d'oii vous vient cette haine.
JULIE
Si la seule apparence et m'ennuie et me gêne , Jugez ce que l'effet produiroit sur mon coeur.
FRONTIN, basa Jolie.
Poussez.
JULJE, à Dorante.
Qu'avez-vous donc? Vous voilà tout rêveur? Voyez ce que la robe en un moment opère ! Ote-la-lui, Frontin, ou je m'enfuis.
DORANTE
J'espère Que ce faux préjugé....
JULIE
Vous vous moquez, je croî, Préjugé! Viens, Frontin.
FRONTIN
Quoi , Madame ?
JULIE lui ôtesa robe et «oh rabat.
Aide-moi.
Préjugé ! Rendons-lui sa forme naturelle.
DORANTE, Youlant emnécber Julie de loi ôter sa robe.
Quoi donc ! que faites- vous ?
JULIE
Comme épouse fidèle, Et prompte à vous servir, souffrez qu'en ce moment Je vous marque mon zèle et mon empressement.
38o L'IRRÉSOLU.
DORANTE, à Jolie.
Écoutez.
JULIE
Pas un mot. Je suis trop occupée.
( lai remettant l'épée an côté. )
Dépéchons-nous , Frontin. Je vous rends votre épée , Et, de ma propre main , je vous fais chevalier.
FRONTIN, lai mettant son chapeau.
Et moi , par conséquent , je suis votre écuyer.
JULIE, le conaidérant.
Àh ! je vous reconnois! Vous voilà sous les armes , Et semblez , à mes yeux , avoir de nouveaux charmes. Plus de robe, surtout, et vive le plumet! Suivez-moi chez ma mère , elle vous le permet , Et m'a même ordonné que je vinsse vous prendre Pour vous mener chez elle, où je vais vçus attendre.
DORANTE
Mais....
JULIE
Sans adieu.