ACTE V, SCENE XV. 3gi
DORANTE
Je m'en vais lui dire un éternel adieu.... Ah! jamais ma douleur ne pourra le permettre.... Approche cette table; il faut, par une lettre, L'informer que mon père est cruel jusqu'au paint D'exiger
FftOVTlN.
Pour le coup, je np me tairai point; Car ne vouliez-vous pas rompre ce mariage?
DORANTE
Il est vrai; mais enfin on àuroit pu....
(Il écrit.)
FRONTIjr.
Je gage Que vous n'êtes pas sur de ce que vous pensez : Vous écrivez trois mots , puis vous les effacez.
DÛR1ÏTE , aprèf tToir é>rit.
Porte-lui ce billet, et fais-lui bien entendre
Que mop père*- Attend* donc. Ayant que 4e le rendre,
Tu diras....
(Il reprend le billet; après l'avoir lu, il Je déchire. ) FRQNT^W.
Bon ! voilà le ballet déebiré.
DORANTE, avec transport.
On veut m'en séparer; mais je l'épouserai. Éloignez-vous de moi, trop importuns scrupules. Fades raisonnements et craintes ridicules. Mon esprit suit mon cœur, l'amour est ma raison, Et la raison pour ip<« p'e$t plus qu'up ppir poison.
FRONTIN
Oui, oui , défaites-vous de cette tracassière.
DORANTE
Je m'en vais me jeter aux genoux de mon père Et de madame Argante ; et, si je n'obtiens rien , Pour faire mon bonheur il est un sûr moyen.
FRONTIN
Quel est-il, s'il vous plaît?
J'enlèverai Julie.
FRONTIN
Fort bien. J'ai souhaité, Monsieur, toute ma vie, D'assister une fois à quelque enlèvement , Et je m'en vais avoir ce divertissement