ACTE I, SCENE VL
Je viens ici chargé de ses instructions , Avec un plein pouvoir sur les conditions ; Et, comme il est plus riche en effets qu'en paroles, Commençons le traité par ces trente pis tôles; C'est le préliminaire.
LISETTE
Il me gagne le cœur.
Je ne puis refuser monsieur l'ambassadeur; Et nous aurons bientôt conclu notre alliance, S'il persiste à parler avec cette éloquence.
L^ANDRL
J'entends , et parlerai toujours de mieux en mieux. Mais revenons au fait
Le cas est sérieux.
Pour tracer, en deux mots, le plan de cette affaire, Marianne dépend d'un père et d'une mère. Le baron, notre maître, est plein d'humanité: Mais Madame a céans toute l'autorité ; Elle est femme, et de là vous pouvez bien conclure Que tout se fait ici sans raison ni mesure.
LÉANDRE
Ainsi notre demande a réussi fort mal ?
LISETTE
Sans doute , et l'on appuie un dangereux rival.
LÊANDRE.
Quel est-il?
LISETTE
C'est Damon , vous devez le connoître.
LÉANDRE
Partout, avec fureur, il déchire mon maître:
4i8 LI MÉDISANT.
Mais il faut l'en punir; et c'est bien commencer,
Si dans cette recherche on peut le traverser.
Marianne avec nous sera d'intelligence,
Je n'en saurais douter.
Perdez cette espérance ; Car Damon a trouvé le chemin de son cœur.
LÉ ANDRE
Juste ciel !
LISETTE
I Qu'avez-vous ? Tous changez de couleur.
LÉANDRE
J'apprends avec chagrin cette triste nouvelle.
LISETTE
Monsieur l'ambassadeur, modérez votre zèle; Nous ne devons encor désespérer de rien ; Et , pour tout rajuster, je sais un bon moyen.
LÉAffDRE, l'embrassant.
.Vous me rendez la vie, achevez de m'instruire.
LISETTE
Un zèle si pressant mérite qu'on l'admire ; Votre maître , ma foi , sait bien choisir ses gens; Et l'on rencontre peu de semblables agens.
LÉ ANDRE
Vous ne croiriez jamais combien je m'intéresse.... Mais puisque la baronne est ici la maîtresse ,
II faudrait la gagner.
LISETTE
C'est mon intention :
iComme elle aime Valère à l'adoration ,