‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 309 sur 357 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

LISETTE, d'un air simple.

Ah! Madame, au contraire:

Monsieur vouloit, sans vous, terminer une affaire; Et moi, je lui disois qu'avant de la finir, Il falloit vous forcer au moins d'y consentir.

LA BARONNE

Me forcer ! moi ?

LISETTE

De plus, Monsieur m'a fait entendre Qu'ayant cédé ses droits, il allott tes reprendre; Que , honteux qu'une femme eût tout pouvoir céans , Il vouloit à son gré marier ses enfants; l Qu'il donnoit Richesource à sa fille, et Valère VA sa sœur Isabelle. Et moi, tout en colère, J'ai dit.... que ces projets étoient pleins de raison: Mais que pour gendre, vou$, vous choisissiez Damon; Qu'en cela, comme en tout, vous seriez la maîtresse.

LA BA.AÛHNE.

Ah! je vous £n réponds.

LISETTE

Quoi ! j'auroi* la foibjepqe , Quand il faut établir et ma fille et mon fils, De suivre son caprice , et noa pas mon avis ! M'a répliqué Monsieur. J'y donnerai bon ordre, Et je réglerai tout sans qu elle y puisse mordre ; Ou, si son arrogance ose me traverser, Je sais par quels moyens il faut la rabaisser.

( Elle regarde le Baron. )

Çà, voyons donc comment vous soutiendrez la chose? Ai-je dit, mais toujours défendant votre cause.

Monsieur a persisté. Voilà le résultat , Vous êtes en présence : entre vous le débat

LA BARONNE

Vraiment, je viens d'entendre un récit admirable.

(au Baron. )

Quoi ! tout ce qu'elle a dit seroit-il véritable ?

LE BARON, embarraaaé.

A peu près. „

LISETTE, TiTcmeot.

A peu près ! Je ne ments pas d'un mot.

(au Baron.)

Allons donc.

LE BARON. f

Eh bien, oui. J'ai long-temps fait lesotf; Mais je ne serai plus esclave de ma femme. Songez à m'obéir.

LISETTE

Vous l'entendez, Madame.

LA BARONNE

Oui , je l'entends fort bien. -Je sais, depuis long-temps, Que le ciel m'a soumise à vos commandements ; Et contre mon avis , en père de famille, Vous pouvez marier Valère et votre fille : Je saurai respecter les décrets d'un époux.

LE BARON

Voilà du fruit nouveau.

LISETTE

La griffe est là-dessous.

LA BARONNE

Mais vous trouverez bon qu'en vous laissant le maître, A vos yeux désormais je cesse de paroître ;

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