‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 328 sur 357 · MARIANNE, LISETTE · texte numérisé non relu

MARIANNE, LISETTE

MARIANNE

Ah , Lisette !

LISETTE

Quoi donc ?

MARIANNE

Je suis au désespoir.

Tu sais qu'on me propose un nouveau mariage !

LISETTE

Vraiment, j'y vois pour vous un fort gros avantage.

MARIANNE

Du jour au lendemain je me livrerai , moi , Sans connoître celui qui recevra ma foi !

LISETTE

Ne vous alarmez point ; je vous réponds d'avance Que vous aurez tous deux bientôt fait connoissance.

MARIANNE

D'un grand nom, d'un grand bien, je fais fort peu de cas, Si le cœur et l'esprit ne les relèvent pas.

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LISETTE

t Trouvez-vous en Damon de quoi vous satisfaire?

MARIANNE

• Lisette, avec douleur j'y vois tout le contraire ;

J'avois cru, tout au moins, le pouvoir estimer, , f Ayant perdu celui qui m'avoit su charmer;

Mais je l'ai mal connu. Plus notre hymen s'apprête,

Et moins je m'applaudis d'une telle conquête.

Faut-il t'avouer tout? Je sens incessamment | Mon cœur s'intéresser pour mon premier amant.

Je voulois par l'oubli punir le sien , Lisette ;

Mais plus il me néglige, et plus je le regrette.

LISETTE

Ma foi , vous me charmez quand vous parlez ainsi, f Peut-être votre amant n'est-il pas loin d'ici ; J'ai des pressentiments dont je veux vous instruire, Et j'avois négligé tantôt de vous les dire.

é MARIANNE.

Non , j'ai lieu de penser que Léandre me fuit,

Cependant je l'ai vu cette nuit.

MARIANNE

Cette nuit?

LISETTE

En donnant. Je fais de jolis songes ; Quelquefois , et souvent ce ne sont point mensonges. I 'e gage <Iu'à l'instant je vous fais son portrait,

MARIANNE

.Voyons.

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