‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 33 sur 357 · CRISPIN, NÉRINE · texte numérisé non relu

CRISPIN, NÉRINE

Hé! ta vois, mon enfant; à peine de retour, Je donne tous mes soins , tout mon temps à l'amour. J'avois chez mon tailleur cet habit de réserve ; Car mon maître des siens n'entend pas qu'on se serve : Et d'abord qu'à Paris, sur l'arrière-saison , Nous venons de campagne , ou de la garnison , Pour bien passer l'hiver , il faut de quelque b«Ue Faire, comme tu sais, provision nouvelle, l'ai soin d'être si propre et si fort ajusté, Qu'aussitôt qu'on me voit , on en est enchanté; Et c'est, je l'avoûrai , dans le dessein de plaire, Que je me suis paré plus qu'à mon ordinaire. Nériue, que dis-tu de mo? ajustement?

NfiRINÏ.

Voilà ce qui s'appelle un homme 'tout charmant

CRISPIN

Tu me trouves donc bien? Mais, dis-tu vrai , coquine ? Je n'ai point de défauts; vois , regarde , examine....

NERINE.

Fort bien.

CRISPIN

Cette encolure? Elle n'est pas d'un sot. nérine.

Non.

CRISPItf.

Pour me faire aimer, je n'ai qu'à dire un mot.

HJÊRINE.

Sous cet ajustement, vous êtes adorable; Vous me l'aviez bien dit.

crispin.

Pour être plus aimable , Plus piquant , plus charmant , je vais me débrailler. Tiens > remarque ces airs.

itérine.

Ah ! qu'ils vous font briller !

crispin.

La tnain dans la ceinture, un ou deux pas de danse, Et puis du cure-dent l'aimable contenance.

KiRIrfE.

Que de raffinement !

CRISPIN

Quand onveut plaire aux gens y % Il n'est rien de si beau que de curer ses dents : Parmi certaines gens , c'est la belle manière. Hé ! vraiment j'oubliois....

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