ACTE IV, SCENE VI
LISETTE
. J'ai yu quelqu'un qui m'en a dit du bien*
MARIANNE
Il n'importe.
LISETTE
Et, selon ce que j'en viens d'apprendre, Il peut fort bien tenir la place de Léandre.
MARIANNE
Après ce que tu sais, c'est vouloir m'outrager, Que de croire qu'un autre....
LISETTE
Et moi , je vais gager Que, vous applaudissant de vous en voir aimée, Sitôt qu'il paroîtra , vous en serez charmée.
MARIANNE
Ah! finissons, de grâce, un semblable discours. J'attendois, de ta part, un utile secours ; Mais puisqu'à mon amour ta te montres contraire , J'ai honte de l'aveu que je viens de te faire. Pourquoi de mon amant viens-tu m'entretenir, Si pour d'autres que lui tu veux me prévenir?
C'est que ce cousin-là mérite bien qu'on l'aime. (
MARIANNE
Non, Lisette, fût-il plus beau que l'amour même, Plus charmant que Léandre (et c'est dire eocor plus), Ses soins, pour l'effacer, seroient tous superflus.
LISETTE
Ah! vraiment, s'il savoit ce que je viens d'entendre, U auroit bientôt pris le parti qu'il doit prendre,
4g8 LE MÉDISANT.
MARIANNE
Empécbe, si tu peux, le cousin de me voir.
LISETTE
Je n'en ai le dessein , ni même le pouvoir;
Mais je vous promets bien que je m'en vais l'instruire
De tout ce qu'à l'instant vous venez de me dire.