ACTE IV, SCENE XII. 5o
Et voilà mon cousin , qui , charmé de Madame , Vient aussi de lui faire un aveu de sa flamrifce. Nous allons épouser, l'un ou l'autre, s'entend; El cela, sans délai : dès aujourd'hui.
OAHOJf.
Comment?
C'est là votre cousin? |
BICHBSOURCE.
Oui, mon .cousin lui-même, Beau , jeune , bien tourné , d'une valeur extrême ; Il vous en convaincra bientôt par les effets.
DAMON
Ah, ah! de vos parents vous faites vos valets ? Mais je suis maintenant au fait de cette affaire : Monsieur étoit neveu de défunt votre père; Et , par cette raison, je ne m'étonne pas Si vous l'avez tiré d'un étage si bas. Heureusement pour vous , il est d'une figure A cacher aisément une naissance obscure. Des financiers marquis j'admire le bonheur, Us ont mille parents qui leur font peu d'honneur: Mais pour les déguiser leur méthode est si fine , Qu'on ignore bientôt quelle est leur origine. Cependant je suis las de pareils concurrents; Renvoyez ce marquis et ses nobles parents : Ou , si vous refusez de punir leur audace , Je saurai les contraindre à me quitter la place.
h t AN D RE , fièrement.
Doucement, s'il vous plaît. Vous me connoissez mal. Je vous ai , ce matin , menacé d'un rival ;
5o6 LE MÉDISANT.
Vous le voyez en moi, prêt à vous satisfaire»
RICHJKSOURCE.
Sachez qu'il est neveu de madame ma Bière , Noble, par conséquent, tout aussi-bien que vous»
LÉAHDRE.
Je me ferai bientôt connoître aux yeux de tous ; Et mon nom....
RICHESOURCE*
Pour trancher un discours inutile, I C'est monsieur mon cousin, le comte de Bienville.
BÂMOXT.
Lui? Comment , vous osez vous donner un tel nom ? Vous voulez imposer à monsieur le Baron ? Certes, je suis surpris d'une telle impudence; Le comte de Bienville est de ma coonoissaBoe, Et nous avons servi tous deux en même temps.
RICHESOSTJLCE.
Ce diafale d'homme-là connoît tous mes parents.
DAMOST.
Le comte de Bienville est un basset, fort mince, Qui sent , de deux cents pas , le noble de province , Homme de peu d'esprit, assez plein de valeur, Fort grand fripon au jeu , du reste homme d'honneur : Le voilà tel qu'il est, puisqu'il faut vous instruire.
MARÏAKNE,
Vous aviez tant promis de ne jamais médire ! Adieu , je ne puis plus vous voir à tous montent* Déchirer tout le monde , et fausser vos serments.
DAMON, >
Madame , permettez que je me justifie.