ACTE III, SCENE VIII
On change ; hé bien ! suivons cet exemple , il est bon : J'aimerai Crispin , moi ; vous aimerez Damon.
CRISPIN
Fort bien.
On ne sauroit, en pareille occurrence, Pour punir deux ingrats trop hâter la vengeance.
crispin.
Que Nérine a d'esprit!
JULIE, à Damon.
Si j'aimois à changer , En recevant vos vœux je voudrois me venger. Oui, tout en vous, Damon, me paroît estimable. Qu'à votre indigne ami je vous tiens préférable ! Mais enfin son exemple est sur moi sans pouvoir: Il me trahit , l'ingrat ! je veux encor le voir, Je veux lui reprocher sa lâche perfidie ; Et quand , par mes transports, il l'aura bien sentie, Si son perfide cœur est pour moi sans retour.... Le dépit quelquefois, Damon, venge l'amour.
D A MO If.
Madame....
Laissez-moi; dans mon inquiétude le sens que j'ai besoin d'un peu de solitude.
CRISPIPf, à Nérine.
Verras-tu ton ingrat , toi ?
NARINE
Je ferai beau bruit ; Et si l'éclat, soufflets, coups de pied, sont sans fruit ;
Pour venger mon offense , et pour laver ma honte ,
Je te mets de moitié , mon cher Grispin.
GRISPIN.
J'y compte.