GÉRONTE, JULIE, NÉRINE, LÉANDRE, DÀMON, LOLIVE, CRISPIN
LOLIVE, àLéandre.
Les voici; songez bien....
Oh! garde le silence, Ou vingt coups de bâton seront ta récompense.
LOLIVE.
Et la vôtre sera.... Nous allons voir beau jeu.
LÉ ANDRE, à Gérante.
Yous êtes informé....
GÉRONTE
Je sais que , depuis peu , Yous avez....
LÉANDRE
Je rougis, Monsieur, de cette affaire.
GÉRONTE
Yous n'en avez pas fait cependant grand mystère.
(à Julie.) On n'en peut plus douter, ton infidèle amant, Ma Julie , avec nous veut rompre absolument.
JULIE
S'il est bien vrai, Monsieur, qu'un autre objtt l'engage, On voudroit vainement retenir un volage.
GÉllONTE , i Léandre.
Votre exemple, Monsieur, sera suivi de près : Que le ciel vous conduise , et laissez-nous en paix. .
lia LE CURIEUX IMPERTINENT.
(à Julie.)
Léandre te trahit ; Damon s'offre à sa place , J'y donne mon aveu.
DAMON
Pour vous en rendre grâce , Je n'imagine point de termes assez forts , Et n'ai , pour m'exprimer , que mille doux transports.
L^NDRE.
Que tu fais bien , Damon , de soutenir la feinte!
GÉRONTE, à Julie.
Crains-tu de t'expliquer; parle-nous sans contrainte. Dis , n'acceptes-tu pas Damon pour ton époux ?
LÉANDRE, i Damon.
Je m'en vais triompher.
JULIE
Il m'eût été bien doux De me voir pour jamais unie avec Léandre ; Il sait que je l'aimois de l'amour le plus tendre. J'ai tantôt par lui-même appris son changement , Sans que mon cœur ait pu changer de sentiment, Je suis toujours la même.
LÉANDRE
Ah ! c'est trop me contraindre ; Adorable Julie ! il n'est plus temps de feindre : Je le connois , ce cœur , il est tendre et constant ; Vous m'aimez , j'en suis sûr , et je suis trop content
JULIE
Comment donc ?
Il vous faut expliquer ce mystère :
Peut-être trop long-temps ai-je osé vous le taire :