SCÈNE VII
Lbs Précédées, ILLO sort de la chambre du fond; il tient en main le gobelet d'or, et il est fort animé par le vin. GOTZ et BUTTLER le suivent et essaient de le retenir.
ILLO
Que voulez-vous? laissez -moi.
GOTZ et BUTTLER.
Illo, ne bois donc pas davantage.
iLto va à Octavio, et l'embrasse tout en buvant.
Octavio, je t'apporte ce verre, que toute la rancune soit noyée dans ce gobelet que nous allons vider ensemble. Tu sais bien que tu ne m'as jamais aimé. Dieu me punisse, si je n'étais pas dans les mêmes sentimens pour toi! Que le passé soit oublié ; je t'aime infiniment. (// veut l'embrasser une autre fois.) Je suis son meilleur ami, et afin que vous le sachiez, celui qui le traitera de traître et d'hypocrite, celui-là aura affaire à
moi.
TERZKY , le tirant à part.
Êtes-vous hors de sens? Illo, songez où vous
êtes!
iLLO , d'un air cordial.
Que voulez-vous? ne sommes-nous pas entre bons amis? {Il parcourt le cercle d'un air satisfait.) Ce qui me fait plaisir, c'est qu'il n'y a pas un faux frère parmi nous.
TERZKY, à Buttler avec instance.
Emmenez-le avec vous, je vous en conjure,
Buttler.
Buttler le conduit vers le buffet.
THÉÂTRE
isoUNi, à Max, qui, toujours immobile et distrait, regarde le papier.
Cesera-t-il bientôt fait, camarade? l'avez-vous maintenant assez étudié?
MAX, comme s'il se réveillait d'un songe. Qu'y a-t-il à faire?
TERZKY et isoLANi à la fois.
Mettre son nom au bas.
Octavio, avec une attention inquiète, fixe ses regards sur Max.
siAX rend le papier.
Laissons cela pour aujourd'hui. C'est une affaire à considérer, et je suis mal disposé aujourd'hui ; envoyez-le-moi demain.
TERZKY
Songez cependant...
ISOLAM.
Vite, signez. Eh quoi ! il est le plus jeune de l'assemblée, et il voudrait à lui tout seul avoir plus de prudence que nous tous ensemble? Voyez donc. Votre père aussi a signé, et nous tous. TERZKY , à Octavio.
Employez votre influence sur lui ; persuadez-le.
OCTAVIO
Mon fils est en âge de se décider lui-même.
ILLO a posé le verre sur le buffet.
De quoi parle-t-on?
TERZKY
Il se refuse à signer le serment.
MAX
Je dis que cela peut se remettre jusqu'à demain.
ILLO
Cela ne peut pas se remettre. Nous avons tous signé; et toi aussi, toi, il faut que tu signes.
MAX
Illo, bonne nuit.
ILLO
Non, tu ne t'échapperas pas ainsi. Le prince doit apprendre aujourd'hui quels sont ses amis. Tous les convives se rassemblent autour d'eux. MAX.
Le prince sait quels sont mes sentimens pour lui ; personne ne les ignore, et toutes ces sottises sont inutiles.
ILLO
Voilà la récompense qu'obtient le prince d'avoir toujours préféré les Italiens.
TBRZKY, dans le plus grand trouble, s'adresse aux généraux qui sont en tumulte.
C'est l'ivresse qui le fait parler ; ne l'écoutez pas, je vous prie.
isoLANi, riant.
Le vin ne donne pas des idées, il fait seulement dire celles qu'on a.
ILLO
Qui n'est pas pour moi est contre moi. Quelle délicatesse de conscience! parce qu'on ne lui laisse p*8 une porte de derrière, une clause !
rEuzKY l'interrompt vivement.
11 est hors de raison; ne faites pas attention à ses paroles.
ILLO, criant plus fort.
Une clause pour s'échapper. Quelle clause? Que le diable emporte cette clause.
MAX écoute attentivement, et regarde de nouveau le papier.
Qu'y a-t-il donc là de si difficile? Vous me don nez la curiosité d'examiner de plus près. TERZKY, à Illo, à part.
Qu'avez-vous fait, lUo? Vous nous perdez.
TIEFENBACH , à ColaltO.
J'ai bien remarqué qu'avant le repas on avait lu autrement.
GOTZ.
Je m'en suis aperçu aussi.
ISOLANI.
Que m'importe? Puisque les autres noms y sont, le mien peut bien y rester.