‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 547 sur 637 · LE GRAND CHANCELIER DE LA COURONNE · texte numérisé non relu

LE GRAND CHANCELIER DE LA COURONNE

Seigneur waywode, le roi vous fait prier de céder et de ne pas faire de scission dans la diète. DES huissiers, bas à Odowalsky.

Tenez ferme; c'est ce que vous font dire ceux qui sont à la porte. Tout Cracovie est pour vous.

lE GRAND MARÉCHAL DE LA COURONNE, à Sapieha.

11 y a déjà eu de si bonnes résolutions prises : cédez. En faveur des autres décrets, rangez-vous à la majorité.

l'ÉvÊQUE DE CRACOVIE, qut a pvis les voix de son côté.

Tous les bancs de droite sont unanimes.

SAPIEHA

Quand tous seraient unanimes, — je dis non. Je dis veto; io romps la diète. On n'ira pas plus loin! tout ce qui a été résolu est frappé de nullité. {Tout le monde se lève; le roi descend de son trône; les barrières sont renversées; un bruit tumultueux s'élève de toutes parts; les nonces tirent leurs sabres, et entourent Sapieha; les évêques s'avancent et le couvrent de leurs étales.) La majorité? Qu'est-ce que la majorité? La majorité, c'est la déraison. Le bon sens se trouve toujours dans le petit nombre. Celui qui ne possède rien, comment songerait-il au bien général? Le pauvre a-t-il une opinion? est-il libre? Il appartient au puissant qui le paye, et qui achète sa voix en lui donnant une chaussure et du pain. Sa voix ne doit être ni comptée ni prise en considération. Tôt ou lard l'Etat périra, ci la majorité triomphe, si l'extravagance domine.

ODOWALSKY.

Entendez-vous ce traître?

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