‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 56 sur 637 · SCÈNE in · texte numérisé non relu

SCÈNE in

Les MÊMES, CALCAGNO.

CALCA6.no.

împériali sort d'ici tout animée, et vous madame, je vous vois émue.

LÉONORE, avec une douleur poignante.

Non, cela est inouï!

Par le cleî! Mais ne pleurez-vous pas?

LÉONORE

C'est un ami de ce cruel... Otez-vous de mes yeux.

CALCAGNO

Quel est ce cruel ? Vous m'épouvi^plez.

LÉONORE

Mon mari... non, Fiesque.

CALCAGNO

Qu'entends-je ?

LÉONORE

Ah l ce n'est qu'une scélératesse habituelle à vous autres hommes.

CALCAGNO lui prend la main avec vivacité.

Comtesse, j'ai un cœur qu'émeut la vertu en pleurs.

LÉONORE

Vous êtes un homme, vous n'êtes rien pour moi.

CALCAGNO

Je suis tout à vous, plein de vous... si vous saviez combien, avec quelle ardeur infinie...

LÉONORE

Homme, tu mens... Tu promets et tu ne tiendras pas.

Je vous jure...

LÉONORE

lin parjure! Cessez. Dieu se fatigiierait à inscrire vos sermens. 0 hommes, hommes! si chacun de vos sermens se changeait en démon, il y en aurait assez pour donner l'assaut au ciel, et prendre à merci les anges de lumière.

CALCAGNO

Vous vous emportez, comtesse. Votre chagrin vous rend injuste. Devez-vous prononcer la sentence de tout le sexe, pour le crime d'un seul? LÉONORE le regarde avec dignité.

Homme, j'aimais les hommes en un seul: ne dois-je pas les abhorrer en lui?

CALCAGNO

Essayez, comtesse... Une première fois voti cœur a fait un mauvais choix... Je sais oiiil poui rait se mieux adresser.

LÉONORE

Je ne veux rien entendre de vous.

CALCAGNO

Cet arrêt, vous pourriez aujourd'hui le rétrai ter dans mes bra|.

LÉONORE, attentive.

Achevez! Dans vos...

CALCAGNO

... Dans mes bras, qui s'ouvriront pour reci voir celle qu'on abandonne, et pour la dédomm ger de l'amour perdu.

LÉONORE, le regardant fixement.

De l'amour?

CALCAGNO, avec ardeur et se jetant à ses piedsi^

Oui, le mot est prononcé : l'amour, madame<^ Ma vie ou ma mort dépendent de votre rë^ ponse. Si ma passion est un crime, alors I| vertu et le vice n'ont qu'un seul et même buf^ le ciel et l'enfer sont unis par une même pro:scriplion.

LÉONORE, avec indignation et orgueil.

C'était donc là que tendait ta compassion, hypocrite ! Tu te jetais à mes pieds pour trahir l'amitié et l'amour? Loin de mes yeux pour loU"

LA CONJURATION DE FIESQUE

joiirs! Sexe odieux! jusqu'ici j'avais pensé que tu trahissais seulement les femmes; je ne savais pas encore que yous fussiez perfides les uns envers les autres.

CALCAGNO, interdit.

Comtesse...

LléONORK.

Ce n'était pas assez de rompre le sceau sacré (le la confiance, cet hypocrite voulait ternir de «on soufile empoisonné la glace transparente de la vertu, et entraîner l'innocence dans le parjure.

CALCAGNO, vivement.

Le parjure ne vient pas de vous, madame.

LÉONORE

J'entends; et mon dépit devrait pervertir mon amour ? — Ne sais-tu pas {avec une extrême fierté) que même le malheur d'avoir été trompée par Fiesque élève et ennoblit le cœur d'une femme? Va, la honte de Fiesque ne peut élever Calcagno jusqu'à moi, elle ne peut que dégrader l'humanité.

CALCAGNO interdit la suit des yeux, puis se frappant le front.

Imbécile 1

\V\V\VVVViVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV\^VVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV

Page 1