‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 633 sur 637 · UN QUATRIÈME · texte numérisé non relu

UN QUATRIÈME

Nous avons reçu des bienfaits de votre main; nous venons vous en remercier. Nous sommes des hommes.

n'.ALTRES.

Nous sommes des hommes, et nous n'avons point mérité cela.

HUTTEN

Ne prenez point ce nom, et vous n'en serez que mieux venus de moi. — Vous êtes offensés que je vous offre de l'argent Vous êtes venus , dites-vous, pour me remercier ; et de quoi pouvez-vous me remercier, si ce n'est de l'argent? Je ne sache pas que j'aie donné mieux que cela à aucun de vous autres. Il est vrai qu'avant que j'eusse pris possession de ce comté, vous vous débattiez contre la misère , et qu'un homme sans pitié vous accablait de tous les fardeaux du servage. Votre personne n'était point à vous; vous regardiez d'un œil désintéressé verdir vos champs et vos moissons se dorer. Le père s'interdisait tout mouvement de joie quand il lui naissait un fils. J'ai rompu vos chaînes; j'ai rendu le fils au père et les moissons au laboureur. La bénédiction est descendue sur votre sol depuis que la charrue est dirigée par la liberté et l'espérance. Il n'y a pas un' de vous qui ne tue son bœuf dans l'année ; vous couchez dans de bonnes maisons; vous avez le nécessaire, et il vous reste même de quoi vous divertir. ( Pendant ce temps-là , il s'anime et se tourne vers eux.) Je vois la santé dans vos yeux et l'aijance dans vos vêtemens: qu'y a-t-il de plus a désiier? je vous ai rendus heureux.

UN viEiLi.ARB , du milieu de la foule.

Non, monseigneur, l'argent et le bien-être sont vos moindres bienfaits. Votre prédécesseur nous regardait à l'égal de la glèbe de nos guérets. Vous avez fait de nous des hommes.

UN SECOND

Vous nous avez fait bâtir une église et donné de l'éducation à nos enfans.

UN TR0ISIÈ.ME

Vous nous avez donné de bonnes lois et des juges consciencieux.

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