SCÈNE III LISARDA, FELISARDO
lisarda, de la coulisse. — Si je te cause un tel chagrin, Belise, ne crains pas que de ma vie je te parle de mariage. (Entrant et apercevant Felisardo.) Pedro!
FELiSARDO. — Madame...
lisarda. — J'ai eu la fantaisie, je ne veux pas qu'on dise la volonté, de t'acheter à ton maître.
felisardo. — Acheté, dites-vous?
lisarda. — Oui, le marché vient de se conclure, et dès aujourd'hui tu m'appartiens. Eliso ne te l'a pas dit?
felisardo. — Il a craint mes regrets, et avec raison.
lisarda. — Mon service te déplaît?
felisardo. — Pas du tout, il m'enchante; mais entin, Eliso est mon premier maître.
lisarda. — Tu reconnais bien mal l'affection queje te porte.
felisardo. — Je déclare que je suis on ne peut mieux touché de la faveur très-grande que vous avez daigné me faire.
lisarda. — Tu me dois plus que tu ne crois. felisardo. — L'affection s'exprime d'ordinaire en peu de mots.
lisarda. — Je t'aime comme moi-même.
felisardo. — Je baise vos pieds mille fois.
(Entre Celia.)
lisarda. — N'est-ce pas, Zara?
felisardo. — C'est elle.
celia. — Je viens dire à Pedro que don Juan, mon seigneur, le réclame.
lisarda. — Va vite.
LES CAPRICES DE BELISE
celia, à part, à Felisardo. — Ma- maîtresse aussi commence à s'occuper de toi?
felisardo. — Jalouse d'elle, maintenant?
celia. — Pourquoi pas, si tu m'en fournis le motif*?
lisarda. — Bon! La conversation devant moi?
felisardo, à part, en sortant . — Oh! Celia, que tu es étrange.
celia, à Lisarda. — Je demandais à Pedro s'il voulait m'enseigner aujourd'hui la prière en question. lisarda. — Tu ne la sais pas?
celia. — Non.
lisarda. — Flora pourra te l'apprendre. Va-t'en à la
cuisine, drôlesse.
celia, à part. — En voilà encore une qui veut de lui; mais je saurai bien me payer moi-même.
lisarda, seule. — Que signifient ces désirs que m'inspire un esclave? Ni ma pensée n'est honnête, ni ces désirs ne sont purs. Sa taille, sa parole, son visage... tout en Lui me charme, me ravit. Quelle honte! Arrête, Amour, épargnemoi, car je suis au moment de me perdre.