SCÈNE V
Entrent DÏANE, TEODORA, LAURA, FABIO, MARCELO.
Teodora, à part, a Mórcelo. — Voici venir la forte cervelle qui a le gouvernement de cet État.
Diane, aux combattants. — Holà ! qu'est-ce que c'est que vous faites?
márcelo. — Est-ce que Votre Altesse ne le voit p*as? Julio et Camilo se battaient.
diane. — Marcelo, est-ce que c'est mal, cela?
márcelo. — Quand deux gentilshommes ont un grand sujet de querelle, ils vont se battre hors dos murs, et non pas ici l.
diane. — Que dois-je faire, Teodora?
teodora. — Les arrêter.
diane. — Les arrêter? mais y "consentiront-ils?
teodora. — Donnez-en l'ordre.
diane. — Moi?
TEODORA. — Oui.
diane. — Les épées me font peur. Vous, Marcelo, écri-
1. De telles scènes étaient en réalité fréquentes dans le palais. Je me souviens d'une de (íes passes d'armes dans laquelle Hurtado de Membza. le célèbre auteur de V Histoire de la Rébellion des Morisijue*, après avoir désarmé son adversaire, jeta au loin sa dague, qui, passant par une fenêtre, alla tomber aux pieds mêmes de Philippe II. Ces mœurs farouches ne doivent jamais être perdues de vue quand il s'agit d'expliquer le drame espagnol.
vez une lettre à tous deux pour qu'ils aient à se rendre en prison.
fabio. — Pas mauvais!
márcelo. — Quel était le sujet de leur querelle? Camilo. — Il s'agissait de la Duchesse. márcelo. — A propos de quoi?
Camilo. — De son mariage... avec une personne bien indigne sans doute, mais de haut rang, toutefois, comme le mérite Son Altesse.
biane. — Non, non, car je suis déjà mariée.
teodora. — Mariée! et* avec qui?
Diane. — Avec vous : comme vous m'avez défendu d'aimer les hommes, je veux que vous soyez ma femme.
teodora. — Faites-leur faire la paix. Exigez qu'ils se donnent la main.
Diane. — Voudriez-vous par hasard les marier?
teodora. — Tous deux peuvent renoncer à leurs prétentions vaines.
Diane. — Julio et Camilo peuvent bien se marier ensemble, puisque nous le sommes déjà toutes deux1. {Bas à Laura.) Il est probable que la question a pris naissance dans leur prétention à devenir maîtres de ces États.