PAR MM. DE BARANTE ET FÉLIX FRANK
1 volume i m - 8 °, 6 francs
Déjà, Il la suite des grandes traductions de Shakspeare et de Schiller qui se recommandent des noms de M. Guizot et de M. de Barante, nous avons publié la traduction des Œuvres dramatiques de Lope de Vega, par M. Eugène Baret, doyen de la Faculté des lettres de Glermont. Le théâtre choisi de Calderón, traduit par M. Antoine de Latour, est sous presse, ainsi que le théâtre danois d'OEhlensehlœger et de Holberg, traduit par MM. Marinier et Soldi.
Dans cette grande collection, qui fait revivre l'ancienne entreprise de la librairie Ladvocat, chaque littérature moderne fournira son apport de chefs-d'œuvre. Nous donnerons successivement au public le Théâtre tragique italien, le Théâtre comique de Goldoni; le Théâtre de Gœthe, par MM. de Rémusat et Guizard, puis le Théâtre romantique de l'Allemagne (Tieck , Zimmermann, Zacharias Werner , Achim d'Arnim, par M. Félix Frank), pour faire suite aux Œuvres dramatiques de Schiller, de Gœthe, de Lessing et de Kotzebue.
La Dramaturgie de Hambourg publiée dernièrement par nous (trad. d'Ed. de Suckau, revue et annotée par L. Crouslé, et précédée d'une étude par A 11'. Mézières), cette œuvre capitale, où se révèle une des faces du génie critique de Lessing, et son Théâtre choisi, commandent au même titre l'attention du public. Ce sont deux livres qui se complètent l'un par l'autre. L'un est la théorie, l'autre la mise en œuvre des principes de l'art dramatique, tels que les comprenait l'auteur.
En réunissant dans un même volume les trois chefs-d'œuvre du
théâtre fie Lessing, Nathan le Sage, Emilia Galotti etMinna de Barnhelm et quelques-unes des meilleures pièces de Kotzebue, nuus n'avons prétendu établir aucune comparaison de mérite entre un écrivain de génie et un auteur de talent qui fut surtout un habile homme, à la scène comme ailleurs. Mais Lessing ayant fondé un genre nouveau eu Allemagne, et suscité toute une école de tragédies bourgeoises et de comédies vraiment indigènes, nous avons cru pouvoir rapprocher de lui, sans qu'il y ait lieu de s'étonner, celui de tous les auteurs dramatiques de l'Allemagne qui parait avoir subi avec le plus de docilité, sinon de profondeur et de grandeur, son impulsion directe, ainsi que l'observe très-bien Mme de Staël.
Dans le Théâtre choisi de Lessing, ce n'est pas au seul désir de mettre en avant la traduction et l'étude de M. de Baranie que nou;avons obéi en plaçant au premier rang Nathan le Sage: c'est au désir d'oífrir tout de suite aux regards le chef-d'œuvre suprême et, pour ainsi dire, le testament moral du maître, ■ qui s'est en partie représenté lui-même dans le type de Nathan. Quant à la volumineuse collection du théâtre de Kotzebue, nous nous sommes contentés d'y prendre Misanthropie et Repentir, comme exemple de drame bourgeois, et la Petite Ville Allemande comme exemple de comédie bouffonne. Heux drames romantiques : la Prêtresse 4a Soleil et les Espagnols au Pérou ou la Mort de Rolla, en extraits avec analyse intercalaire, montrent une autre veine du talent de Kotzebue.
Des Études, aussi substantielles que possible, résument la biographie, la carrière littéraire et indiquent les traits caractéristiques des deux auteurs traduits. Les Notices placées en tète de chaque pièce donnent tous les renseignements nécessaires au point de vue littéraire comme au point de vue bibliographique. Celle qui précède la traduction d'Emilia Galotti est une étude très-ferme et très-vive, où la line critique de M. Charles de Rémusat s'est condensée en quelques pas s.
On trouvera, dans chaque notice spéciale l'indication des noms de ceux qui ont eu le mérite d'être auprès du public français les premiers introducteurs sérieux de Lessing et de Kotzebue. Toutefois, en reprenant quelques-unes de ces traductions écrites jadis pour la Confection de Ladvocat, qui devaient Lui offrir une base solide, M. Félix Frank, chargé de cette révision, les a partout corrigées avec tant de scrupule, tellement remaniées et refondues en nombre d'endroits, qu'elles peuvent être considérées comme entièrement nemes.
Ajoutons qu'ici pour la première fois figurent la traduction intégrale de Misanthropie et Repentir et de la Petite Ville Allemande qu'on n'avait jamais encore publiée dans notre langue). A ce travail, comme à la traduction des Contes allemands du temps passé, M. Frank a apporté tous ses soins et le souci le plus minutieux du sens et du style.