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L'une des sept qui ornent la promenade du Prado

il. 11

L'EAU FERRÉE DE MADRID

prudencio. — Grands saints du paradis! notre médecin en habit de laquais!

beltran. — Puis-je vous servir en quelque chose?

prudencio. — Un mot, je vous prie. N'êtes-vous pas médecin?

beltran. — Je vous comprends. J'ai ici un frère qui me ressemble. Nous sommes de la montagne, pas bien riches par conséquent. Mon frère entra dans la maison du docteur Soria, à Salamanque; il étudia, fit des progrès finit par prendre ses grades, et vint ensuite à Madrid. Je l'appris à Gangas1, et me rendis ici, espérant recevoir quelque bien de mon frère; mais, en me voyant si déguenillé, il me renia pour son frère, et moi, pauvre malheureux, je fus, comme vous voyez, obligé de me faire laquais.

prudencio. — Et le nom de ce docteur, dites-moi ? beltran. — Il s'appelle Beltran.

prudencio. — ' Et vous?

beltran. — Beltran, comme lui; car nous sommes, dans notre famille, les descendants de ce fameux aveugle qui lit passer cent vingt de ses camarades par le pont d'Alcolea2.

otavio, à part, à Prudencio. — Cela ne me satisfait pas du tout.

prudencio. — Ni moi non plus.

otavio. — Il est certain que, par son costume, on le prendrait pour un homme différent; mais, vive Dieu! d'après le visage, la voix, la tournure, on jurerait que c'est le docteur lui-même !

prudencio. — C'est bien, mon neveu. Je veux m'expliquer sans réticence avec vous. Vous êtes mon sang, et point encore mon gendre. Nous avons bien la bulle et la dispense, mais je soupçonne là-dessous quelque intrigue d'un genre plus grave. Tirez votre épée, et toi, Sàtacio, lie les mains à ce drôle.

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