‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 119 sur 633 · PRONONCE FAR UN DANSEUR · texte numérisé non relu

PRONONCE FAR UN DANSEUR

D'aburd ma crainte, ensuite ma révérence, puii mon discours. Ma crainte est d'encourir votre déplaisir: ma révérence est le lémoignaye de mon respect; mon discuurs a pour but de réclamer votre indulgence. Mainten.nnI, si vous vous attendez à un bon discours, je suis perdu; car ce que j'ai à vous dire est de ma layuù, et je crains bien d'échouer dans ce que j'ai à dire. Mais venons au l'ait, el tentons l'aventure. Vous savez, — et vous le savez fort bien, — qu'il n'y a pas long-temps, j'ai paru ici à la fin d'une pièce malheuri-use, afin de vous demander votre indulgence pour elle, et de vousen promettre une meilleure; jecomptais avec celle-ci m'acquitter envers vous. Si son voyage ne réussit pas, et qu'elle rentre au port sans bénéfice, je fais faillite, et vous perdez votre créance

HKINRI IV.

je TOUS avais donné rendez-vous ici, me voilà, et je m'abandonne à votre merci: rabattez-moi quelque chose, je vous paierai un à-compte, et comme tous les débiteurs, je vous promettrai monts et merveilles.

Si mes paroles ne peuvent m'obtenir quillance, voulez-vous m'ordonner de faire usage de mes j.iy.ibcs?Et toutefois ce serait vous solder en monnaie bien légère, que de vous payer avec desentrc'-hals. Mais une bonne conscience rend route M-laciiuu possible, et c'est ce que je ferai. Toutes les dames ici présentes m'ont déjà pardonné ; et si les messieurs s'y relusem, c'est qu'alors les messieurs ne s'accordent pas .Tvec les dames, ce qui ne s'est jamais vu dans une pareille assembl.e.

Un mot encore, je vous prie. Si vous n'êtes pas fatigués de faire gras, notre humble auteur vous donnera la suite de cette histoire, dans laquelle figurera sir John, et il vous fera rire avec Cathe-

rine de France. Là, autant que je puis le savoir Falstaff mourra d'un excès de transpiration, à moins qu'il ne soit déjà mort sous le poids d'une supposition injuste-, carOldcastle * est mort martyr, et notre homme n'a rien de commun avec lui. Ma langue est fatiguée; quand mes jambes le seront aussi, je vous souhaiterai le bonsoir; sur ce, je me prosterne devant vous; — mais c'est afin de prier pour la reine".

• On accusait Sliakspeare d'avoii voulu, dans le pci^ snnnage de Falstaff, peindre Oldcastle , lord Cobl.am, l'un des martyrs de la cjuse protestante. SUakspeare repousse ici cette supposition injurieuse; il n'est pas probable que notre auteur ait voulu ridiculiser le martyr d'une cause si chjleureusenirnt épousée par sa protectrice, la reine EUsabelli. (Noie du traducteur.)

■■ Presque tous les anciens drames se terminent par nm prière pour le roi, ou L reine, la chambre des communes, etc. De l'a peut-être ces mots : vWant rex et résina qu'on lit encore en Ansjlelerre au bas des affiches de spectacle. {Note du traducteur.)

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