‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 17 sur 633 · PEMBROKE · texte numérisé non relu

PEMBROKE

Chargé de servir d'interprète à la pensée de tous ceux qui sont ici présens, permettez qu'en leur nom et au mien, mais avant tout au nom de votre sûreté, objet de notre plus vive sollicitude, permettez, dis-je, que je demande la mise en liberté d'Arthur. Sa captivité excite parmi vos sujets des murmures et des mécontentemens dmit l'explosion pourraitavoirdesdangers. Car,disenlils, si vous avez pour vous le droit aussi bien que la possession, pourquoi, mu par des craintes qui, disent-ils, sont les compagnes de l'injustice, retenez-vous captif votre jeune parent? Pourquoi laisser couler ses jours dans une ignorance barbare? Pourquoi refuser à sa jeunesse les avantages d'utiles exercices? Alln d'ôter à vos ennemis ce prétexte, permettez que nous vous demandions la liberté d'Arthur; nous vous la demandons non seulement dans notre intérêt, mais dans le vôtre, avec lequel le nôtre se confond.

LE ROI JEAN

J'y consens , je confie sa jeunesse fi vos soins.

Entre HUBERT.

LE ROI, conii'tiuanr.

Hubert, quelles nouvelles nous apportez-vous!

l\ul.,rl s-u,,,,.ocI,edu >m el lui parle àPcrailo. PEUBROKE.

Voilà l'homme chargé de cette exécution sanglante; il a montré son ordre à un de mes amis. L'image d'un odieux forfait est peinte dans se» yeux; ce sombre aspect dénote une conscience troublée, et je crains bien qu'il n'ait exéculô le crime dont nous redoutions de le voir chargé.

SALISBURY

La rougeur et la pâleur se succèdent sur le visage du roi, partagé entre la conscience el le désir de dissimuler; elles vont et viennent, comme deux hérauts d'armes entre deux redoutables armées aux prises; sa passion est mûre; il faut qu'elle éclate.

PEUBROKE.

Et quand elle éclatera, je crains bien qu'il n'en sorte l'affreuse nouvelle de la mon de cet aimable enfant.

LE ROI JE.IN

On ne peut arrêter le bras invincible de la n„iri. Mylords, bien que mon désir do vous obliger vive encore , l'objet de votre demande n'est plus; on m'apprend tju'Arthur est mort rcllo nuit.

LE ROI JKAN.

SiMSBIlKT.

En elTcl, nous avions tout lieu de croire sa maladie incurable.

PEMEBOKE.

Il est vrai; nous savions conibien la mort de cet enfant était proche avant que lui-même se sentit malade. Voilà un événement dont il faudra rendre compte ici ou ailleurs.

LE ROI JEAN

Pourquoi me lancez-vous des regards si sombres? Pensez-vous que je porte les ciseaux de la destinée? Puis-je commander aux pulsations de la vie?

SALISBDRY.

Il est clair qu'il y a du crime là-dessous; et l'impudence grossière qu'on y met est véritablement une honte. Je vous souhaite bonne réussite dans le jeu que vous jouez! Sur ce, adieu!

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