PROLOGUE
Je ne viens plus vous (aire rire*; nous vous présentons aujourd'hui des objels sérieux et graves, des événemens importans et tragiques , de ces scènes nobles et touchantes qui font couler les larmes. Ceux dont le cœur est ouvert à la pitié pourront ici verser des pleurs; le sujet en est digne : ceux qui donnent leur argent dansTespoir qu'on leur offrira des laits réels et dignes de foi, pourront ici trouver la vérité; ceux qui ne demandent qu'une ou deux scènes faisant tableau, et, moyennant cela, trouvent la pièce passable, s'ils veulent rester tranquilles, et avoir un peu de bonne volonté, je leur promets que dans l'espace de deux petites heures, ils en auront amplement pour leur schelling "'. Quant à ceux qui viennent
• Ceci faisait sans doute allusion à quelque come'dir fa vogue, récemmeat reprcseute'e. (Note du traditc-
leur.)
" Les places se payaient un sclielliog, ou vingt-quatre sous ie France. Il y en avait sans doute à meîlleui marché ; on sail que du temps de Eoileau, les places di. parterre ëlaienl a quinze sous.
rnrlerc pour quii.jc sons, sans craindre le hola , Peut aller au parterre in-nlirr Ailll.i.
{Noie Jii iraduclcur.)
pour assister à une pièce gaillarde et ordurière, pour entendre le cliquetis des boucliers, ou rmir voir un drôle en longue robe bigarrée, bordt^c de jaune", ceux-là seront trompés dans leur aitente; car, sachez, auditeurs bénévoles, que si nous mêlions la venté historique avec des scènes aussi insignifiantes que celles d'un bouffon ou d'un combat, outre que ceserait ravaler notre intelligence, et démentir notre réputation, que nous avons, au contraire, à cœur de justifier, nous nous exposerions à ce qu'il ne nous restât plus le suffrage d'un seul ami éclairé. Vous donc, auditoire d'cliie, et le premier de la ville, soyez assez bon pour être aussi tristes que nous vous dé>irons: imaginez que vous voyez les personnages de notre imposante histoire tels qu'ils étaient de leur vivant; imaginez que vous les voyez puissans, suivis de la foule et entourés de milliers d'amis erapres-és à leur plaire; puis voyez comme en un instant le malheur s'attaquera toute cette grandeur;el alors, ïi vous conservez encore votre gaité, je dirai qu'un homme peut pleurer le jour de ses noces.
• C'était le costume des bouITuns. (Note du IraduC-