‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 323 sur 633 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

La salle d'honneur dans York-Place,

On entend les sons du kuutbois. On voit nne petite table à part, sous un dais, pour le cardi~ nul ; une autre plus longue est dressée pour les convives. Entre par une porte ANNE BULLEN, accompagnée de Plosiebks Lords et Ladies; par liiie autre, SIR HENRI GUILDFORD.

GBILDFOhD.

Mesdames, son éminence vous adresse à toutes ses salutations et ses complimens. Il consacre cette soirée à la joie et à vous. Il espère qu'il n'en est pas une, dans cette noble assemblée, qui ait apporté avec elle un souci du dehors .- son désir est de vous voir toutes aussi gaies que peuvent l'être d'honnêtes gens qui ont bonne compagnie, bon vin et bon accueil. —Oh! milords, vous êtes en retard

Enirent LE LORD CHABIBELLAN, LORD SAKDS, et SIR THOMAS LOVELL.

GOILDIORO, continuant.

L'idée seule de me trouver en si belle compagnie m'a donné des ailes.

LE LOED CHAMBELLAN.

Vous êtes jeune, sir Henri Guildford.

SANDS

Sir Thomas Lovell, si le cardinal avait la moitié seulement de mes sentimens laïcs, quelques-unes de ces dames, avant de dormir, trouveraient à qui parler ; et je pense que cela ne leur déplairait pas. Sur ma vie, voilà un admirable cercle de beautés.

LOVELL

Que n'êtes-vous le confesseur d'une ou deus de ces dames !

SANDS

Je voudrais l'être; je leur imposerais use pér sitcnce bien douce.

LOVELl.

Comment douce?

SANDS

Aussi douce qu'un lit de plume peut l'olTiir.

LE LOBD CHAMBELLAN.

Belles dames, vous plaît-il de vous asseoir? — Sir Henri, placez-vous de ce côté ; je me charge do celui-ci. Son éminence va entrer. — Oh! mesdames, je ne veux pas que vous geliez; deux dames placées l'une a côté de l'autre ont froid. — Mylord Sands, c'est vous qui les tiendrez éveil lées; veuilles vous asseoir entre ces dames.

SANDS

Mafoi, je remercie votre seigneurie, — Avec votre permission, belles dames. ( Il s'assied entre Anne Sullen et une attira dame. ) Si je déraisonne uo

MAGASIN THEATRAL ETCA'^GEr,.

pco, veuillez me le pardonner; c'est un défaut que j'ai hérité de mon père.

ANISE.

Est-ce qu'il était fou, mylord !

SAMDS.

Oh ! eitrémement fou, on ne peut plus fou, surtout en amour : mais il ne mordait personne; seulement il vous donnait vingt baisers en un clin d'oeil, comme je fais maintenant.

Il l'embrasse.

LE LOKD CHAMBELLAN.

A merveille, mylord. Maintenant tout le monde est assis. — Messieurs, ce sera votre faute si ces dames sont mécontentes.

SANDS

Pour ce qui me regarde, laissez-moi faire.

On entend le son des hautbois. LE CARDINAL WOLSEY, accompaijni de sa suite, entre et s'assied à la place qui lui est réservie.

WOLSEY

Vous êtes les bien venus, mes aimables hôtes. Quiconque, noble dame ou cavalier, qui n'est pas franchement gai, n'est pas mon ami; en foi de quoi, je vide cette coupe à votre santé à tous.

Il boit.

SANDS

Votre éminence est pleine de grandeur. Qu'on me donne une coupe assez ample pour couronner mes remerciemens ; on m'épargnera bien des paroles.

WOLSET.

Mylord Sands, je vous rends grâces : égayez vos voisines. — Mesdames, vous n'êtes pas gaies; — messieurs, à qui la faute?

SANDS

Il faut d'abord qu'un vin vermeil colore leurs joues charmantes ; alors leur babil fera taire le nôtre.

ANNE

Vous faites gaîment votre partie, mylord Sauds.

SANDS

Oui, quand on me laisse choisir mon jeu. Je bois à vous, madame; et veuillez me faire raison; car mon défi s'adresse à un objet mervcil- Icu:^, —

ANNE

Qi\Q vous seriez trci-cmbairassé de me montrer.

SANDS

Quand je disais à votre éminence que ces dames parleraient bientôt.

On enlcod le bruit des tambours et des Irompellcs ; le canun tire.

WOISBT.

Çu'cst-ce que cela?

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