‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 380 sur 633 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

U forèl. Od aperçoit la caverne de Timon, et un peu plus loin, une pierre tumulaire.

Arrive UN SOLDAT gui cherche Timon.

I » 5inI.DAT.

Selon la dcsrri|.i iii'on m'e.i a faite, ce doit J

eicil'endroit. Qui est là'; liolû! parlez! — Pas réponse? — ( Apercevant le tombeau. ) Qu'est

"tit Timon est mort : il avait trop tendu la corde son esistence. Il faut que quelque animal ait >C'ceci; point d'homme vivant en ces lieux. iiement il est mort, et voilà son tombeau. Je ■ puis lire ce qui est tracé sur cette pierre ;

fifnons-en l'empreinte avec de la cire. Notre go-

«tral est un savant; tout jeune qu'il est, il a la 'iiucdes vieillards. En ce moment, il doit avoir

plante ses drapeaux devant Athènes, dont la

tkuieest lebut de son ambition.

Il s'éloigne.

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Devant lesmurs d'Alhcncs.

'-f! irompeltes sonnent. ALCIDIADE arrii;e à la tite de ses troupes.

ALCIDiADE.

T^mpcltes, annoncez noire approche à cette ">^ cûcaiiaée et lâche.

On sonne enpartementnire. /Vi/.!i>Mrî SENATEURS paraissent sur les remparts.

AiciBiADE, continuant.

Jusqu'à ce jour vous avez poursuivi votre carriéie, multipliant les actes arbitraires , substituant votre volonté à la loi ; jusqu'à ce jour, moi et tous ceux qui dormaient à l'ombre de votre puissance, nous nous summes promenés les bras croisés, exhalant en vain nos souffrances. Maintenant les temps sont mûrs; l'homme fort, longtemps courbé sous l'oppression, se relève, et s'écrie : « En voilà assez 1 i> Le moment est venu où sur vos sièges le crime va rester interdit et respirant à peine, où la richesse insolente, dans sa terreur, va s'enfuir à perdre haleine.

PREUIEK SÉNATEUR.

Jeune et noble guerrier, quand les premiers griefs n'avaient point encore fram.-hi la limite de ta pensée, avant que lu fusses puissant et que nous eussions des raisons de te craindre , nous avons envoyé vers loi, pour verser du li.i.iuie sur ta fureur, pour effacer notre ingratitude par les témoignages d'une affection sincère.

DEOXIÉME SÊNATEDR.

Après la métamorphose de Timon, nous avons tenté aussi, par une humble dépuiation, et par la promesse d'une honorable opulence, de le ramener dans nos murs. Nous n'avons pas tous été ingrats, et nous n'avons pas tous mérité que la guerre nous enveloppât dans ses chàtimens.

PREMIER SÉNATEUR

Ces murs ne sont pas l'ouvi .^e de ceux qui t'ont outragé, et ces offenses ne sont pasde telle nature, que, pour punir les fautes de quelquesuns, il faille détruire nos glorieuses tours, nos trophées et nos académies.

DEUXIÈME SENATEUR

D'ailleurs ils ne vivent plus, les auteurs de ton exil; désolés d'avoir manqué de prudence, l'excès de leur honte lésa fait mourir. Entre, noble guerrier, entre dans notre ville, enseignes déployées: s'il te faut du sang, si tu veux te repaître de cet aliment que la nature abhorre, décimenous, prélève sur nous la dime de la mort, et que le sort désigne les victimes.

PREUIER SÉNATEUR.

Tousnesontpascoupables; iln'est pas justeque les fautes des morts soient punies surles vivans;on n'hérite pas des crimes comme des terres. Ainsi, cher compatriote, fais entrer ton armée.mais dépose ta fureur à nos portes : épargne Athènes, ton berceau ; épargne tes parens, qui, dans l'explosion de ta colère, périraient avec ceux qui t'ont offensé : pareil au berger, approche de la bergerie; fais disparaître les brebis malsaines, mais ne tue pas tout le troupeau.

DEUXIÈME SÉNATEUR

Pour nous imposer tes volontés, ton sourire sera plus puissant que ton épée.

PREMIER SÉNATEUR

Tu'iiIiP seulement du pied uos portes foimiilables, et elles vont s'ouvrir, si tu nous assures de ta bicnvciUaace, et nous annonces des intentions amies.

DEBXIÈUE SÉS4TE0R.

Jette ton gantelet, ou tout autre gage, en nous proincUant, sur l'honneur, que tu emploieras la fuice dont tu disposes à obtenir réparation et non consommer notre rui ne; ton armée entière entrera dans la ville, et y restera jusqu'au moment où nous aurons complètement rempli tes désirs.

ALCIBUDE.

Eh bien, voicimon gantelet : descendez et ouvrez vos portes sans combat. Ceux des ennemis de Timon et des miens que vous-mêmes désignerez au châtiment, ceux-là seuls mourront, et point d'autres; et pour que la générosité de mes intentions dissipe entièrement vos craintes , je vous dé>clare que si quelqu'un de mes soldats sort des limites de son quartier et s'écarte des règles du bon ordre dans l'enceinte de votre cité, justice sera faite, et il sera puni avec toute la rigueur des lois.

LES DEDX SÉNATEURS.

Voilà un noble langage.

ALCICIADE.

Descendez, et tenez votre promesse.

LesScnaleurs descenJcat et ouvrent les portes.

Arrive UN SOLDAT.

lE SOLDAT.

Mon noble général, Timon est mort ; sur le bord de la mer on a creusé sa tombe ; sur sa pierre tumulaire j'ai trouvé une inscription dont j'ai pris l'empreinte avec de la cire et qui suppléeraàmoii ignorance. . , ,

Il remet une tablette à Aicibude.

ALCIBIADE, lisant.

« Ci-^ît un mortel malheureux.

» Que l'importe son nom ? Du souverain des dieux » Que la foudre aujourd'hui dévore » Tous les fripons qui sont sur Urre encore ! » Ci-gît Timon, qu'on vil haïr le genre humain : )> Maudis-moi si tu veui, mais passe ton chemin.»

Ces mots expriment bien tes derniers sentimen!. Quoique tu fusses sans pitié pour les douleursd» hommes , que tu méprisasses ces pleurs stérilei que la nature fait couler de nos yeux, toutefois une noble pensée l'inspira; tu voulus que le vaste Océan pleurât à jamais sur ta tombe des faute» pardonnées. Le noble Timon est mort; plus tatl nous rendrons hommage à sa mémoire. — Conduisez-moi dans votre ville; je veux associer l'oliit à mon épée;]e veux que la guerre enfante lapait; que la paix mette un terme à la guerre et qui l'une «oit le correclil de l'autre. — Battez, uabuu.'il

Iks'éIoi|iuit,

FIN DE TIMON D'ATuÊtNES.

PAEIS. — lUFMUEBie Dt V DU^SeT-I>IIPUt

rue Siist-Luuis, i$, au Uaiail.

SONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ

DRAME-FÉERIQUE EN CINQ ACTES

par tUilltani dtjahspfare.

PF.P,soyNjr.r.s.

PERSOSy.lGES.

THÉSÉE, duc a' Allichcs.

OBÉRON, roi des S'-nies el

EGÉE, prre J'Hermia

TITAMA, reine des génies

T.YSAWnRR, J

FARFADET, ou RooiN Bo

FLEUR-DES- POl.s,

raiLO.STRATE.orcloimaleur .les f.-l,s

e Tln-sée

TOILF^DARAIGNEE,

LECOIKG,cliarpeDli,.r.

l'A PI LEON,

VILBREQUIN, menuisi, r

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