‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 388 sur 633 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Ud bois aux environs d'Athènes.

Vj.lli FÉE et FARFADET se renconircni.

FARFADET

Eh bien, jeune fée, ou allez-vous comme cela? LA rr.E.

Sur les coteaux, dans les vallons , Je francliis forêts et buissons; Je traverse la flamme et l'onde; Jepromènc en tous lieux ma course vagabonde: Je devance Diane aa disque pâlissant ; Je sers la reine des génies, Kt j'arrose dam les yxauit.

Ses cercles Ggure's sur le gazon naissant.

Vois-tu ces hautes primevères ; Vois-tu l'or éclatant doul brilleut leurs babil

Ce sont les joyaux, les rubis Dont la fée a paré leurs corolles légères. Avant que de midi ne vienne la chaleur.

Je vais sur la terre arrosée

Cb,

Et

uspendre une perle au frontde chaque (leur. Lutin, il faut que je le quille.

Adieu donc; je pars au plus vite; BirnlAt voire reine et sa cour.

Vont arriver dan» ce séjour.

FARFADET

Le roi tient ici son sabbat cette nuit; veille ce que la reine ne s'offre pas à sa vue ; car Obérou

SONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ

est fort irrité contre elle, de ce qu'elle mène à sa suite un bel enfant dérobé à un roi de l'Inde. Jamais elle n'eut auprès d'elle d'enfant plus joli «lue celui-là. Le jaloux Obérou veut en faire son page, pour parcourir avec lui les vastes forêts, mais elle persiste à garder l'enfant chéii, le couronne de (leurs, et fait de lui toute sa félicité. Maintenant le roi et la reine ne se rencontrent plus dans les bosquets, sjr le gazon, aux bords des ruisseaux limpides, à la brillante clarté des étoiles, qu'aussitôt ils ne se querellent, au point que tous les sylphes vont se cacher de frayeur dans la coupe des glands.

LA FEE

Ou ton extérieur m'abuse, ou tu es ce lutin espiègle et malin qu'on nomme Robin-Bon-Dialle; n'est-ce pas toi qui effraies les jeunes villageoises; qui écrémes le lait, qui, rendant inutiles tous les efforts de la ménagère, empêches le beurre de prendre et le levain de la boisson de fermenter; qui égares la nuit les voyageurs et ries de leur mésaventure? Ceux qui t'appellent aimable gobelin, Farfadet chéri, ceux-là, tu fais leur ouvrage; et tu leur portes bonheur. N'es-tu pas celui dont je parle?

FARFIDET.

Tu dis vrai ; je suis ce rôdeur nocturne. Je suis le bouffon d'Obéron, et je le fais sourire, lorsque je donne le change à un cheval gras et nourri de fèves succulentes, en imitant le hennissement d'une jeune cavale. Parfois, sous la forme d'une pomme cuite, je me fourre dans la tasse de quelque commèrejet lorsqu'elle boit, je viens frapper sa lèvre, etrêpands sa bière sur sa gorge flétrie. La duègne la plus sage, contant la plus lamentable hisioire, me prend parfois pour un escabeau ; alors je me dérobe sous elle; elle fait la culbute, et tombe dans un accès de toux; et aussitôt chacun de se tenir les côtés et de rire, d'éternuer, et de jurer dans un paroxysme de gaîté qu'il n'a jamais passe un plus joyeux quart d'heure. — Mais, place, jeune fée; voici Obéron qui vient.

LA FÉE

El voici oa maîtresse. — Que je voudrais qu'il fût parti !

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