‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 459 sur 633 · NT01NE · texte numérisé non relu

NT01NE

C'est tout ce que je désire. Je vous demanderai encore de permettre que son corps soit exposé sur la place publique, et qu'à la tribune la voix l'un ami lui paye un funèbre tribut.

BBOTCS.

On te le permet, Marc Antoine.

CISSIDS.

Bruius, un mot! — (Bas.) Ne consens pas i ce qu'A moine prononce la harangue funèbre. Qui sait à quel poiniscs parolespourrontémouvoirle peuple? BROTus, bas à Cassius.

Laisse-moi faire; je monterai le premier à la iribuoe, et là, j'exposerai les motifs de la mort de César; je déclarerai que ce qu'Antoine dira, c'est de notre aveu et avec notre permission, et que Dous consentons qu'on accorde à César tous les honneurs de la tombe.

CASsics, bas à Bruius,

Je ne sais ce qui en peut arriver ; il va li quelque chose qui ne me plait pas.

SKiTcs, haut.

Marc Antoine, emporte le corps de César. Dans Ion oraison funèbre, tu ne nous blâmeras pas; mais lu diras de César tout le bien que tu voudras, en ajoutant que c'est nous qui le l'avons permis; sans quoi, tu ne prendras aucune part à Ks funérailles; tu parleras à la même tribune que mti, et lorsque j'aurai terminé mon discours.

AMTOI^IE.

Soit; je D'en demande pas davantage.

bhdths.

Prépare donc le corps, et viens ensuite nous rejoindre.

Tocs sorieni, à V exception d'ANTOisE.

OTOi.iE, seul, s'agennuillant devant le corps de Cfsar.

Oh! pardonne-moi, morceau d'argile sanglante, si je suis humble et doux avec ces bourreaux! tu fslc débris de l'homme le plus grand qui ait ja- ■nai» paru dans le cours des siècles. Malheur à la main qui a r»'pandu ce sang précieux! Ici, sur l's bicssures béantes, qui, comme autant de bouches muettes, entr'ouvrant leurs lèvres vermeilles, iniciuent le secours de ma parole, — voilà ce que je prédis. La malédiction va desrendre sur la tète les hommes; les discordes intestines et les fureurs 'e ta guerre civile ravageront toute l'Italie intière ; le sang et la destruction deviendront chose si commune, et les plus affreux spectacles '•'llement familiers, que les mères ne feront que wurire à la vue de leurs enfans égorgés par le» mains de la guerre; les actions barbares ëtouB'e- 'uni toute pitie ; et l'ombre de César, ayant à sa IroiiR Aie, accourue des enfers, viendra dans ces • onirecs promener sa vengeance, et de sa royale voix criant : « Point de quartier! » déchaînera les limiers de la guerre, au point que la terre

srra empestée par l'infection des cadavres l.ms. . sans sépulture.

Entre UN SERVITEUR.

AHTOIXB.

N'es-tu pas au service d'Octave César î

LE SEBVITECB.

Oui, Marc-Antoine.

AKTOIRE.

César lui a écrit de venir à Rome.

LE SERVITKCB.

Il a reçu ses lettres. Il s'est mis en route, et m'a chargé de vous dire de vive voix, — (J//ercevant le cadavre.) Oh! César I —

ANTOINE

Ton cœur est gros de douleur; mets-toi à l'écart, et pleure. Je vois que l'émotiun est contagieuse; car en voyant les pleurs qui mouillent les yeux, les miens commencent à se remplir de larmes. Ton maitre vient-il î

LE SEBVITEOB.

Il couche celte nuit i sept lieues de Rome.

ANTOINE

Retourne sur-le-champ auprès de lui, et dis-lui ce qui est arrivé; il n'y a ici qu'une Rome en deuil, qu'une Rome pleine de dangers; ce n'est point encore un séjour sûr pour Ociave : pars, et Ta le lui dire. .Mais non, demeure; tu ne partiras qu'après que j'aurai transporté ce cadavre sur la place publique : là, je sonderai dans ma harangue les dispositions du peuple et l'impression qu'a faite sur lui l'acte cruel de ces hommes sanguinaires; et, selon le cours que les choses prendront, tu rendras comgle au jeune Octave de l'état desaffaires. Aide-moi.

Ils s'éloigient <

□porta Dt le corps de Cësar.

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