‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 467 sur 633 · VARRON · texte numérisé non relu

VARRON

Si vous le permettez, nous veillerons en attendant vos ordres.

BRCTCS.

Je ne le veux pas ainsi : couchez-vous , mes amis; il est possible que je change de pensée. [Tirant un livre de la poche de sa robe de chambre.) Regarde, Lucius, voici le livre que je cherchais ; je l'avais mis dans la poche de ma robe de chambre.

Les serviteurs se couchent.

BRDTCS, coniinuanl.

Adieu, mon cher Messala Bonne nuit, Titi-

nius. — Noble, noble Cassius, bonne nuit et doux repos.

CASSICS.

0 mon frère bien-aimé ! cette nuit a bien mal commencé: que jamais pareille discorde ne s'élève entre nos amesl Ne le permets pas, Brutus.

BRUTCS.

Tout va bien.

CASSICS.

Bonno nuit, Brutus.

BBtITL'S.

Bonne ntiit, mon frère.

lucics.

J'étais bien sûr, seigneur, que vous ne me l'aviez pas donné .

BROTOS.

Pardonne-moi, mon enfant : j'ai si peu de mémoire 1 Pourras-tu tenir ouverts un moment tes yeux appesantis, et me jouer un air ou deux sur ton instrument?

LCCIUS.

Oui, seigneur, si cela vous fait plaisir.

BRUTCS.

Cela m'en fera, mon enfant; je te fatigue trop, mais tu as bonne volonté.

LUCICS.

C'est mon devoir, seigneur.

MAGASIN THEATRAL FTKANGER,

BROTBS.

Je ne devrais pas étendre les devoirs au point de dépasser la mesure de tes forces : je sais que la jeunesse a besoin de repos.

LDCIOS.

J'ai déji dormi, seigneur.

BRUTDS.

Tu as bien fait, et tu dormiras encore; je ne le retiendrai pas long-temps : si je vis, tu n'auras pas à te plaindre ie moi.

Luiius cbauleeii s'accompagnant de sabarpe, et inseiuiblemeut il s'assoupit.

BRCTDs, conlimiant.

Cet air est bien mélancolique. — O sommeil homicide! tu appesantis ton sceptre de plomb sur mon serviteur au moment où il essaie de te charmer par ses accords. — Dors, ruon enfant : je n'aurai pas la cruauté de t'éveiUev. Ta tête s'incline, tu vas briser ton instrument; je vais l'ôter de les mains. Maintenant, dors, mon enfant. — {Il prend son livre.) N'ai-je pas marqué l'endroit où j'ensuis resté de ma lecture? C'est ici, je pense. Il s'assied.

L'OMBRE DE CÉSAR apparaît.

BRUïUS, conùnuant.

Que ce flambeau brûle mal: — Ah 1 qui vient ici? C'est sans doute ma vue affaiblie qui crée cette horrible apparition. 11 s'avance vers moi I — Es-tu quelque cho^e de réel? Es-tu un dieu? un génie ou un démon, toi, dont la présence glace mon sang et fait dresM^rmes cheveux sur maléte? Uis-m<ii qui tu es?

l'ombre.

Ton mauvais génie, Brutus.

BRurus.

Que me veux-tu ?

l'oubre.

Je viens te dire que lu me verras à Philippei.

BRUTUS

C'est bien ; je te verrai donc encore? l'oubre.

Oui, à Philippes.

L'OiUBRE disparaU,

Au revoir, donc, â l'iiilippes. Maintenant que j'ai

retrouvé mon courage, tu disparais : mauvais génie, je voudrais encore cau^er avec toi. — Luciusî — Varriin 1 — Claudius! — Amis, éveillezvous 1 — Claudiusl

LOCiDS , à moitié endormi.

Seigneur, la harpe n'est pas d'accord.

BROTOS.

Il croit l'avoir encore dans les mains — Lucius, éveille- toi.

LUCIUS

Seigneur.

BRUTUS

Est-ce que tu révais, Lucius, que tu as crié ainsi ?

LCCIU3.

Seigneur, je ne pense pas avoir crié.

BRUTUS

Oui, lu as poussé un cri. As-tu vu quelque chose?

LUCIUS

Rien, seigneur.

BBUTCS.

Rendors-toi, Lucius. — Claudius! et toi, l'ami, éveillez-vous.

VÀRRON.

Seigneur.

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