‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 535 sur 633 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Uns plaioe. — L' éclair brille , le tonnerre gronde. Arrivent TROIS SORCIÈRES.

PREMIÉBE SORCIÈRE.

Quand nous réunirons-nous de nouveau toutes les trois au milieu du tonnerre, des éclairs ou de la pluie?

DEDXIÈHI SORCIÈRE.

Quand le tintamarre sera fini, quand la bataille sera gagnée et perdue.

troisième sorcière.

Ce sera avant le coucher du soleil.

PREMIÈRE SORCIÈRE

En quel endroit?

DEUXIÈME SORCIÈRE

Sur la bruyère.

TROISIÈME SORCIÈRE

Là, nous nous trouverons sur le passage de Macbeth.

On entend le miaulement d'un dut.

PREMIÈRE SORCIÈRE

J'y vais, Grippeminaude.

On entend le

cnl d'un I

TOUTES TROIS

Crappaudine nous appelle; — ou y va. — Lu

MAGASIN THEATRAL ETRANGER

beau est horrible, l'horrible est beau : planons à travers les brouillards, et dans l'air impur.

Les Sorcibkes duparaissent.

TTn camp près Forés. ~— On entend le bruit d'un combat.

Arrivent, d'un côté, DUNCAN, MALCOLM , DO- NÀLBAIN, LËNOX, et leur Soite; da l'autre, UN SOLDAT blesse.

DDNCAN.

Quel est cet homme tout couvert de sangT à en juger par l'état où il est, il peut nous donner des nouvelles fraîches des révoltés.

MALCOLU.

C'est le sergent qui, en guerrier loyal et intrépide, a empêché par son courage, qu'on ne me fit prisonnier. — Salut, vaillant ami ; dis au roi où en étaient les affaires des rebelles au moment Où tu as quitté le champ de bataille.

LE SOLDAT

L'issue de la lutte était incertaine. Les deux partis ressemblaient à deux nageurs épuisés, qui se cramponnent l'un à l'autre, et annullent réciproquement leurvigueur. L'impitoyable Macdonvfald, — bien digne d'être un rebelle, tant la nature en lui a entassé de vices, — avait reçu des îles de l'Ouest un renfort d'infanterie légère et de troupes pesamment armées; et déjà, la Fortune, souriant à sa cause maudite, semblait se prostituer aux désirs d'un rebelle; mais tous ces obstacles étaient impuissans; carie brave Macbeth, — il a bien mérité ce nom, — méprisant la Fortune, et brandissant son épée toute fumante de carnage, en véritable fils de la valeur, s'est frayé un sanglant passage jusqu'à ce misérable, et il ne l'a point quitté qu'il ne lui eût fendu la léte du crâne à la mâchoire, et n'eût planté cette tête sur nos créneaux.

DCNCiN.

0 vaillant cousin I digne guerrier 1

LE SOLDAT

Souvent c'est du point du ciel où le soleil se lève que naissent la foudre et les tempêtes; c'est ainsi que le péril est venu pour nous de la victoire même qui semblait nous promettre une source de joie. Écoutez, roi d'Ecosse, écoutez: à peine la justice, armée de la valeur, avait forcé les rebelles à chercher leur salut dans la fuite, que.mettant l'occasion i profit , le chef des Norvégiens, avec des armes fraîchement fourbies et de nouveaux renforts, a recommencé l'attaque.

DUNCAN

Cette circonstance n'a-t-elle pas déconcerté nos généraux Macbeth etBanquot

LE SOLDAT

Oui, commele passereau fait peur à l'aigle, ou le lièvre au lion ; à vrai dire, on peut les comparer à des canons portant une double charge, tant ils ont frappé l'ennemi â coups redoublés ; on eût dit qu'ils voulaient prendre un bain de sang, ou immortaliser un nouveau Golgotha : — mais je me sens défaillir, mes blessures ont besoin d'être pansées.

DOMCAM.

Ton langage te sied aussi bien que tes blessures. — Allez; qu'on le confie aux soins d'un chirurgien.

Le Soldat s'éloigne accompagne.

Arrive ROSS.

DUNCAN, continuant.

Qui vient ici."

MALCOLM

Le vaillant thane de Ross.

LENOX

Quel empressement se peint dans ses regards! c'est bien là l'air d'un homme qui vient annoncer des nouvelles importantes.

KOSS.

Dieu sauve le roi!

DUNCAN

D'où viens-tu, brave thane?

BOSS

De Fife, grand roi, où les bannières de Norvège se déroulaient fièrement dans l'air, et où leur vue glaçait d'efl'roi le cœur de nos soldats. Le prince de Norvège en personne, accompagné d'une armée formidable, et secondé par le plus déloyal des traîtres, le thane de Cawdor, avait engagé contre nous une lutte fatale, quand notre fiancf de Bellone, couvert de son impénétrable armure, est accouru, et l'attaquant face à face, glaive contre glaive, bras contre bras, a courbé devant lui l'audace du rebelle : pour conclure, la victoire nous est restée ; —

DUNCAN

0 bonheur I

ROSS

Si bien que Swéno, roi de Norwège, a demandé â traiter, et nous ne lui avons accordé la faveur d'enterrer ses morts qu'après lui avoir fait débourser à Saint-Colmes dix mille dollars au profit de l'armée.

DUMCAN.

Ce thane de Cawdor ne trahira plus notre cause et nos intérêts. — Allez, qu'on prononce à l'instant son arrêt de mort, et qu'on Irausporte son titre à Macbeth.

MACBETH

Je veillerai à ce que cela se fasse.

DUSCIN.

Ce qu'il a perdu, le noble Macbeth l'a gagoë.

Ils s'éloignent.

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