‹ Œuvres du Comte de Lacépède: comprenant l'histoire naturelle des ..., Volume 2Chapitre 149 sur 658 · Letfre de M. Noël a M. L»ce^ede, du 21 brumaire an · texte numérisé non relu

Letfre de M. Noël a M. L»ce^ede, du 21 brumaire an

2. Laqaj en Sue Je; lenge, en Allemagne | Hng, en Angleterre.

*•* LB CA0E MOLVE,

dT?I1C,J0n k $*&*** ** mô»« manière, Mûller, autour du Prodrome de la Zooto> on loi donne les mêmes préparations; et aie danoise. comme cette espèce présente un grand volume, et d'ailleurs est douée d'une grande »^.^.^«-^», fécondité, elle est, après la morue et le LE GADE LOTE '. hareng, un des poissons les plus précieux pour le commerce et les plus utiles à Fin- T . dustrie. La lote mérite une attention particulière

Dans les mers qui baignent la Grande- des naturalistes- Elle présense tous les ca-

Bretagne, elle jouit principalement de tou- racte,es génériques qui appartiennent aux

tesses qualités, depuis le milieu de pluviôse 8Pdes î elle doit être inscrite dans le même

jusque vers la fin de floréal, c'est-à-dire, ^^ ^ue ces poissons; elle y a toujours

dans la saison qui précède son frai , lequel é.té eo™?"86 : elle fait véritablement par-

a lieu dans ces mêmes mers aux approches tie de ,eur faraiHe : et cependant, par un

du solstice. Elle aime à déposer ses œufs de ces exemples qui prouvent combien les

le long des marais que l'on y voit à l'em- ^tres ammês sont liés par d'innombrables

bouchure des rivières. chaînes de rapports , elle s'écarte des gades

Elle se nourrit de crabes , de jeunes ou f31" des différences très-frappantes dans les

petits poissons, notamment de pleuronectes 'ormes, dans les facultés, dans les habitu-

plies. des, dans les goûts, et ne s'éloigne ainsi

Sa chair contient une huile douce, fa- de ses C0I1genéres que pour se rapprocher

cile à obtenir par le moyen d'un feu mo- non seulement des blennies. qui par leur

déré, et plus abondante que celle que peu- nature touchent aux gades de très-prés,

vent donner la morue ou les autres ga- mais encore de plusieurs apodes osseux,

des. particulièrement des murènes, et notam-

Sa couleur est brune par-dessus, blan- ment des an8r»"lles.

châtre par-dessous, verdâtre sur les côtés. Comme ces derniers apodes, la lote a le

La nageoire de l'anus est d'un gris de cen- cofPs très-allongé et serpentiforme. On

dre ; les autres sont noires et bordées de voi? sur son dos deux nageoires dorsales,

blanc : on voit de plusuue tache noire au mais très-basses et très-longues, ainsi que

sommet de chacune des dorsales *. ce,.le de. l'anus ; elles ressemblent à celles

Les écailles sont allongées, petites, for- «F" garnissent le dos et la queue des murétement attachées; la tête est grande, le nes; ^es écailles qui la recouvrent sont plus museau un peu arrondi , la langue étroite facilement visibles que celles de ces mêmes et pointue. * murènes : mais elles sont très-minces, mol- La gade danois n'est pas dénué de bar- ,es» très-petites, et quelquefois séparées billons, non plus que la molve : comme la les uns des autres; et la peau à laquelle molve , il n'a que deux nageoires sur le el,es sont attachées est enduite d'une hu- , dos , et appartient par ce double caractère meur visqueuse très-abondante , comme au troisième sous-genre des gades. Sa ma- c.elle de l'angoille : aussi échappe-t-elle fachoire inférieure est plus avancée que la élément, de même que ce dernier poissupérieure , ce qui le sépare de la molve ; son » a *a mam de ceux qui la serrent avec et sa nageoire de l'anus renferme jusqu'à tr0P de force et veulent la retenir avec soixante-dix rayons, ce qui le distingue de lroP Peu d'adresse; elle glisse entre leurs toutes les espèces comprises dans le sous- doigts, parce qu'elle est perpétuellement genre où nous l'avons inscrit , et même de arrosêe (Tune liqueur gluante , et elle se tous les gades connus jusqu'à présent. On dérobe encore à ses ennemis, parce que . en doit la première description au savant son corPs» très-allongé et très-mobile, se

contourne avec promptitude en différens

I. A la membrane des branchies *?"» Ct ™te ? Parfaitement toutes les po-

de la molve 7 rayons. «tiens et tous les mouvemens d'un reptile,

à k première nageoire dor-

x ;■**• \ *5 '• Motelle, barbotte, dans quelques dépar-

à la seconde. ..... 65 temens de France ; barbot, burbot, eel plut .

• chacune des pectorales. .19 en Angleterre; putael, dans la Belgique, ou

à chacune des jugulaires. . 6 France septentrionale; alraupe,alrûpp2trischt

î 11J 11 US* ' .' * * 59 treischen, rutten , en Allemagne; aalquabbe,

à celle de la queue, qiu est ar- franske giedder en Danemarck; lake, en

Tondie ** Suède «t en Norwégej w/;m, en Russie.

LE GADE LOTB.

qu'elle à reçu plusieurs noms donnés depois long -temps aux animaux qui rampent.

Lalote est, de plus, d'une couleur assez semblable à celle de plusieurs murènes, ou de quelques muréuophis. Elle est variée , dans sa partie supérieure *, de jaune et de brun ; et le'blanc règne sur sa partie inférieure.

Au lien d'habiter dans les profondeurs de l'Océan ou prés des rivages de la mer, comme la plupart des osseux apodes ou jugulaires, et particulièrement comme tous les autres gades connus jusqu'à présent, elle passe sa vie dans les lacs, dans les rivières, au milieu de l'eau douce, à de très-grandes distances de l'Océan; et ce nouveau rapport avec l'anguille n'est pas peu remarquable.

On la trouve dans un très-grand nombre de contrées, non seulement en Europe et dans les pays les plus septentrionaux de cette partie du monde , mais encore dans l'Asie boréale et dans les Indes. Elle préfère, le plus souvent, les eaux les plus claires ; et afin qu'indépendamment de sa légèreté, les animaux dont elle fait sa proie puissent plus difficilement se soustraire à sa poursuite, elle s'y cache dans des creux ou sous des pierres ; elle cherche à attirer ses petites victimes par l'agitation du barbillon ou des barbillons qui garnissent le bout de sa mâchoire inférieure, et qui ressemblent à de petits vers : elle y demeure patiemment en embuscade, ouvrant presque toujours sa bouche, qui est assez grande , et dont les mâchoires , hénsées de sept rangées de dents aiguës, peuvent aisément retenir les in- Kctes aquatiques et les jeunes poissons dont elle se nourrit2.

On a écrit que , dans quelques circonstances, la lote étoit vipère) c'est-à-dire, que les œufs de cette espèce de gade éclosoieot quelquefois dans le ventre même de

ï- Sa ligne latérale est droite.

On compte à sa première nageoire

dorsale .... i A rayons.

à la seconde. ... 68 .

à chacune des pectorales. . . . . . 30

à chacune des jugulaires 6

à celle de l'anus. , 67 à celle delà queue, qui est arrondie. . . 36 2- H y a auprès du pylore 39 ou 40 appendices intestinaux. CJ

la mère , et par conséquent tant d'avoir été pondus. Cette manière de venir à la lumière n'a été observée dans les poissons osseux que lorsque ces animaux ont réuni un corps allongé, délié et serpentiforme, à une grande abondance d'humeur visqueuse, comme la lote. Au reste, elle suppose roit dans ce gade un véritable accouplement di» mâle et de la* femelle , et lui donnerait une nouvelle conformité avec l'anguille , les blennies et les silures.

La lote croit beaucoup plus vite que plusieurs autres osseux : elle parvient jusqu'à la longueur d'un mètre , et M. Valmont-Bomare en a vu une qu'on avoit apportée du Danube à Chantilly, et qui étoit longue de plus de douze décimètres.

Sa chair est blanche . agréable au goût , facile à cuire; son foie, qui est trés-volumineux , est regardé comme un mets délicat. Sa vessie natoire est très-grande, souvent égale en longueur au tiers de la longueur totale de l'animal, un peu rétrécie dans son milieu , terminée par deux prolongations dans sa partie antérieure, formée d'une membrane qui n'est qu'une continuation du péritoine, attachée par conséquent à l'épine du dos , de manière à ne pouvoir pas en être séparée entière , et employée dans quelques pays à faire de la colle , comme la vessie à gaz de l'acipensére huso.

Ses œufs sont presque toujours, comme ceux du brochet et du barbeau , difficiles à digérer, plus ou moins malfaisans ; et , par un dernier rapport avec l'anguille et la plupart des autres poissons serpentif ormes, elle ne perd que difficilement la vie.

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