‹ Œuvres du Comte de Lacépède: comprenant l'histoire naturelle des ..., Volume 2Chapitre 166 sur 658 · Ç4MC**W · texte numérisé non relu

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«, 4.. / La nageoire drç dost très-

Ueueare»* fHuj Vv^jcellede la queue, ***** f fourchue.

l'OUaOPOPE VÉUFÈRE.

La position des nageoires inférieures ne permet pas de séparer les oligopodes des jugulaires , avec lesquels ils ont d'ailleurs un grand nombre de rapports. Nous avons ■ dans été obligé de les éloigner des coryphènes , qui sont de vrais poissons thoraciens , dans le genre desquels on les a placés jusqu'à présent, et auxquels H» ressemblent en effet beaucoup, mais dont ils différent cependant par plusieurs traits remarquables. On peut les considérer comme formant une des nuances les plus faciles à distinguer, parmi toutes celles qui lient les jugulaires aux thoracins, et particulièrement les Uenniea au* eorypfcènes i mais on n'en est pas moins foncé de les inscrire à la suite des blennies , sur les tables méthodiques par le moyen desquelles on cherche à présenter quelques linéamens de l'ordre naturel des êtres animés.

Parmi ces' oligopodes, que nous avons

ainsi nommés pour désigner la petitesse de leurs nageoires thoracines, et qui, par ce caractère seul , se rapprocheroient beaucoup des blennies, on ne connott encore que l'espèce à laquelle nous croyons devoir conserver le nom spécifique de vélifére*.

C'est au grand naturaliste Pallas que l'on en doit la première description : on lui avoit apporté de la merdes Indes l'individu sur lequel cette première description a été faite. La forme générale du vélifère est singulière et frappante. Son corps, trèsallongé, très bas et comprimé, est, en quel- 3ue sorte, distingué difficilement au milieu e deux immenses nageoires placées, l'une sur son dos, et l'autre au-dessous de sa partie inférieure, et qui, déployant une très-

i . A la membrane des branchies. 7 rayons»

a celle du dos .55

à chacune des pectorales. . ; 14 k chacune des jugulaires. . . 1

a celle de Panus 5i

a ceWe de la queue. . . • 22

L'OLIGOPODK VÉLIFÉRE.

grande surface , méritent d'autant plus le nom iYcvcntail ou de voile, qu'elles s'étendent, la première depuis le front, et la seconde depuis les ouvertures branchiales jusqu'à la nageoire de la queue, et que d'ailleurs elles s'élèvent ou s'abaissent de manière. que la ligne que l'on peut tirer du point le plus haut de la nageoire dorade au point le plus bas de la nageoire de l'anus , sus-passe la longueur totale du poisson. Chacune de ces deux surfaces latérales ressemble ainsi à une sorte de losange irréguliére , et curviligne dans la plus grande partie de son contour. Et c'est à cause de ces deux voiles supérieure et inférieure, que l'on a mal à propos comparées à des rames ou à des ailes , que plusieurs naturalistes ont voulu attribuer à l'oligopode vélifére la faculté de s'élancer et de se soutenir pendant quelques momens hors de l'eau, comme plusieurs pégases, scorpènes, trigles et exocets, auxquels on a donné le nom de poissons volans. Mais , si l'on rappelle les principes que nous avons exposés concernant la natation et le vol des poissons, on verra que les nageoires du dos et de l'anus sont placées de manière à ne pouvoir ajouter très-sensiblement à la vitesse du poisson qui nage, ou à la force de celui qui vole , qu'autant que l'animal nage roi t sur un de ses côtés, comme les pieuronectes, ou voleroit renversé sur sa droite ou sur sa gauche ; supposition que l'on ne peut pas admettre dans un osseux conformé comme le véhTére. Les grandes nageoires dorsale et anale de cet oligopode lui servent donc principalement , au moins le plus souvent , à tourner avec plus de facilité, à fendre l'eau avec moins d'obstacle,

particulièrement en montant aintf qu'en descendant , à se balancer avec plus d'aisance , et à se servir de quelques courons latéraux avec plus d'avantage ; et , de jplai, il peut, en étendant vers le bas sa nageoire de l'anus et en pHant celle du dos, faire descendre son centre de gravi lé au-dessous de son centre de figure, se lester, pour ainsi dire, par cette manoeuvre , et accroître sa stabilité. Au reste, le grand déploiement de ces deux nageoires de l'anus et du dos ajoute à la parure que le vélifére peut présenter; il place en effet, au-dessus et au-dessous de ses côtés, qui sont d'un gris argenté, une surface très-étendue, toute parsemée de taches blanches ou blanchâtres , que la couleur brune du fond fait très-bien ressortir.

La tète est couverte de petites écailles; la mâchoire inférieure relevée, et garnie de deux rangées de dents ; on n'en compte qu'un rang à la mâchoire supérieure. Les deux premiers rayons de la nageoire du dos sont très-courts, à trois faces, et osseux. Le premier de la nageoire de l'anus est aussi très-court et osseux ; le second est également osseux, mais il est assez long. On voit de chaque côté du corps et de la queue plusieurs rangées longitudinales d'écaillés grandes» minces, légèrement striées, échangées à leur sommet, et relevées à leur base par une sorte de petite pointe qui se loge dans l'écbancrure de l'écaillé supérieure. Le corps proprement dit est trèscourt ; l'anus est très-près de la gorge ; et voilà pourquoi la nageoire anale peut montrer la très-grande longueur que nous venons de remarquer.

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